+Archidiocèse
+Communautés pastorales
+Services
+Mouvements
MOBILE
 
Contact
 
Plan du site
 
Presse
 
Chargement...
Voir aussi ...
 
Lettres pastorales / Hirtenbriefe
Retour à la source - L’eau, c’est la vie
Lettre pastorale pour le temps de Carême 2006

I.
L’eau, c’est la vie

En Afrique du Sud on avait, paraît-il, jadis tenté l’expérience suivante : un groupe d’indigènes habitués à vivre dans la brousse était appelé à visiter une exposition consacrée aux plus récentes performances techniques de notre civilisation. La rencontre de deux mondes, le monde dit primitif et le monde techniquement évolué, était évidemment d’un grand intérêt. Comment ces hommes allaient-ils réagir ? Qu’est-ce qui les impressionnerait le plus ? Ce n’était ni l’avion supersonique ni l’ordinateur qui les impressionnait le plus, mais le robinet grâce auquel l’eau courante parvenait dans la maison. Que, par un coup de magie, l’eau, précieux liquide, pût couler d’un mur était pour eux l’expérience décisive. Il est vrai qu’il y avait un rapport entre le robinet et leur vie. Ils connaissaient d’expérience la soif, la sécheresse, le besoin inassouvi d’eau torturant les hommes, les bêtes, la terre. Parce qu’ils se sentaient concernés, le robinet d’où l’eau pouvait couler était pour eux le plus grand des miracles.
Oui, l’eau est un miracle. Et elle a un rapport avec notre vie. L’eau est la source de la vie. Non seulement la vie a surgi de l’eau, mais, sans eau, la vie ne saurait exister sur terre.
Dans la Bible aussi, l’eau est un élément riche en valeur symbolique. Elle joue un rôle dans les épisodes décisifs de la Bible : lors de la création du monde, l’Esprit de Dieu plane au-dessus des flots (cf. Gen 1, 1-2); l’eau reparaît lors du déluge (cf. Gen. 7-8), du passage de la Mer Rouge par les Israélites(cf. Ex. 14, 15-31), du baptême dans le Jourdain (cf. Mc 1,9-11), dans l’épisode de la Samaritaine au puits de Jacob (cf. Jn 4,1-26), de la crucifixion au Golgotha au moment où, après le coup de lance, l’eau et le sang coulent du côté de Jésus (cf. Jn 19, 31-37) et enfin à l’apparition de Jésus ressuscité au lac de Tibériade (cf. Jn. 21,1-19).
Avec le projet pastoral « DräiSchrëtt » (Trois pas), l’Eglise de Luxembourg nous invite à retourner à la source en étudiant cette année-ci et les deux prochaines années les trois sacrements qui se trouvent à l’origine de la vie chrétienne : le baptême, l’eucharistie et la confirmation. « Par ces sacrements, l’homme est incorporé au Christ et devient membre de l’Eglise. » (DräiSchrëtt : s’ouvrir, partager, grandir - Un projet pastoral / Lettre pastorale 2005. Archidiocèse de Luxembourg (édit.), p. 6) Dans le projet « DräiSchrëtt », les sacrements sont mis en rapport avec les éléments : l’eau pour le baptême, la terre pour l’eucharistie, le feu et le vent pour la confirmation.
Au cours de cette année, nous allons nous mettre en route pour découvrir à nouveau notre baptême. L’eau est l’élément décisif lors du baptême. Voilà ce dont il s’agit de parler à présent.

II.
Le sacrement du baptême - communion de vie avec le Christ

Le baptême est l’action symbolique la plus fréquemment évoquée dans le Nouveau Testament. Une importante étape préliminaire en est le baptême de Jean, qui invitait les hommes à faire pénitence et les baptisait dans le Jourdain. Jésus lui-même, dans sa solidarité avec nous autres, pécheurs, voulait se faire baptiser. Mais le baptême dans le Christ, le baptême chrétien proprement dit, pratiqué dès l’origine par l’Eglise, va au-delà de ce premier baptême : il ne nous délivre pas seulement du péché originel, c. à. d. du lien intime avec un monde infecté de négativité, il nous ramène sur la bonne voie, celle qui conduit à Dieu. Il nous rattache aussi à la source qu’est Dieu lui-même et qui imprègne notre vie.
Le baptême est un sacrement, le premier sacrement sur le chemin de l’initiation chrétienne. Que signifie le terme de sacrement ? Dieu, dans un signe, un geste ecclésial, entre concrètement dans notre vie. Par le sacrement du baptême, celui qui est baptisé est désormais relié à Jésus-Christ : au mystère de sa vie, de sa mort, de sa résurrection. Il revêt pour ainsi dire le Christ, comme le symbolise le vêtement blanc reçu lors du baptême. Le baptême signifie dès lors également l’admission au sein de l’Eglise comme corps mystique du Christ : grâce au baptême, nous devenons membres de l’Eglise. Comme chrétiens baptisés, nous sommes frères et soeurs dans le Christ.
L’eau est le signe le plus apparent du baptême. Mais il y en a encore d’autres qui l’accompagnent et qui jouent un rôle : l’onction avec le saint-chrême - nous appartenons désormais au Christ, prêtre, prophète et roi; le cierge baptismal - notre lumière vient du Christ qui éclaire notre vie.
L’élément aquatique est en plus le signe de la fécondité spirituelle. Le baptême signifie notre purification du péché et de nos fautes. Grâce au baptême jaillit en nous une source qui ne tarit jamais. C’est la source du Saint-Esprit dans laquelle nous pouvons puiser sans fin.
Normalement chez nous, les enfants sont, à un âge précoce, admis grâce au baptême dans la communauté de vie avec le Christ et son Eglise. La pratique du baptême des enfants est, de nos jours, parfois mise en question : ne s’agit-il pas ici d’une décision qui ne tient pas compte de la volonté des enfants ? Le sacrement du baptême ne devrait-il pas être davantage un engagement personnel à prendre ultérieurement ?
La justification du baptême des enfants ne peut pas dépendre de la question à quel âge les enfants peuvent ou non prendre cette décision. Les parents prennent nécessairement aussi d’autres décisions dont dépendra la vie ultérieure de leurs enfants, p. ex. des décisions relatives à la langue, la formation, l’éducation aux valeurs. Il est donc normal qu’ils veuillent faire participer leurs enfants à leurs convictions religieuses. Pouvons-nous priver les enfants de Dieu si nous sommes persuadés que notre relation à Dieu est quelque chose d’important voire de précieux, de beau ?
La justification du baptême des enfants résulte donc de la signification du baptême en soi. La vie de l’enfant y est mise en relation avec le destin de Jésus-Christ. Il ne faut pas seulement considérer l’enfant comme le fruit de ses parents et de sa famille, mais comme un être avec qui Dieu veut initier une démarche. Dans le baptême, Dieu l’accepte comme son enfant, comme enfant de Dieu, en le considérant en même temps comme frère ou soeur de Jésus-Christ. Pareillement il lui fait don du Saint-Esprit, source d’énergie pour sa vie. Ainsi, par le baptême, l’homme participe à la vie de la Sainte Trinité, sans qu’il doive y contribuer de quelque façon que ce soit, effet de la pure grâce divine.

III.
Devenir chrétien - être chrétien

Notre vie de foi commence avec le baptême. Mais la foi s’inscrit dans un processus de croissance. Le cheminement avec Dieu, qui commence avec le baptême, doit pouvoir se développer et gagner en intensité. Voilà pourquoi nous sentons en nous un appel nous incitant à persévérer sur cette voie, avec Dieu.
Chaque homme a besoin de compagnons sur sa route, dès le début. C’est pourquoi le baptême signifie également un engagement pour les parents, le parrain, la marraine, toutes les femmes et tous les hommes de la grande famille chrétienne appelés à accompagner et à encourager le cheminement religieux de l’enfant nouvellement baptisé. Voilà pourquoi la célébration du baptême a un sens très riche dès lors qu’elle se fait au sein même d’une communauté chrétienne.
En dernière analyse nous sommes tous invités à témoigner quelle est la source qui nous fait vivre. Et nous devons toujours nous efforcer d’approfondir notre propre foi, car ce qui n’est pas nourri finit par dépérir. Au cours de l’année liturgique, les occasions de nous souvenir avec gratitude de notre propre baptême ne manquent pas - pensons en particulier à la nuit pascale.
Renaître grâce au baptême est, au-delà de l’événement en soi, le début d’une démarche qui devrait continuer. Il s’agit d’une décision en faveur du Christ portant sur la durée de toute une vie où la grâce divine et la liberté humaine coopèrent.
Au cours des dernières années, le nombre des demandes d’adultes qui désirent être baptisés a augmenté. Pour y répondre le diocèse propose, depuis décembre 2005, dans le cadre du projet « DräiSchrëtt », une démarche catéchuménale destinée aux adultes. Il existe une initiative analogue visant les enfants qui, au cours de leur scolarité, se décident pour le baptême.

IV.
L’identité chrétienne - vivre sous le signe du baptême

Dans l’Eglise primitive, la célébration du baptême était un rite qui laissait une forte impression à tous ceux qui y étaient présents. Les candidats adultes - les catéchumènes - étaient entièrement immergés dans les fonts baptismaux, signe de leur mort et de leur résurrection avec le Christ. Le baptême leur donnait une nouvelle existence dans le Christ. Voilà pourquoi beaucoup parmi eux étaient prêts à s’exposer aux persécutions.
Mais que veut dire pour nous vivre sous le signe du baptême ? De quelle chance suis-je le bénéficiaire si je vis en communion avec le Christ ?
Est-ce que vivre marqué par le baptême ne signifie pas vivre plus consciemment, plus authentiquement, à partir d’une dimension toute autre, pour ainsi dire ? À partir de la dimension de la grâce et non seulement à partir de nos propres réalisations ? Cela ne signifie-t-il pas également vivre abreuvé par des sources intérieures et non seulement à partir de la force et des compétences qui nous sont propres ? Cela signifie que, de façon consciente, nous accueillons dans notre vie le Dieu trinitaire, le Dieu qui s’offre toujours à nouveau à chacun de nous. Le souvenir de notre propre baptême peut nous débarrasser de la fausse idée qu’il faut toujours tout faire soi-même. Le souvenir de notre baptême peut nous rendre forts et nous libérer de la crainte de devoir vivre par nos seuls efforts. En effet, notre force n’est pas seulement celle que nous sentons en nous, dans notre corps; en nous coule la source de l’Esprit-Saint et cette source ne tarit jamais.
De notre appartenance au Christ grâce au baptême découlent également des conséquences éthiques. La foi est toujours la foi vécue au sein de la communauté de ceux qui, ensemble, suivent le Christ à l’intérieur de la grande famille humaine. Ainsi les Chrétiens sont en premier lieu appelés à se conformer aux commandements de Jésus, et surtout d’aimer Dieu et le prochain.
Vivre de la source du baptême signifie également se décider pour Dieu et pour la vie. « Dieu est l’ami de la vie ». ("Gott ist ein Freund des Lebens : Herausforderungen und Aufgaben beim Schutz des Lebens / Gemeinsame Erklärung der Deutschen Bischofskonferenz und des Rates der Evangelischen Kirche in Deutschland, 1989) Il crée la vie et la maintient. Les Chrétiens s’engagent pour la vie humaine sous toutes ses facettes, y compris la vie naissante, la vie marquée par la maladie ou la faiblesse. L’élément aquatique, dans ses rapports au baptême, nous oriente en plus vers un traitement responsable des ressources naturelles de la terre.
Vivre de la force du baptême signifie certes pas être d’accord avec tout et n’importe quoi. La conséquence logique de la foi est le témoignage - il faut être témoin. Un sacrement est un cadeau divin. Au cadeau de Dieu répond toujours un devoir : le Chrétien est appelé à témoigner. Être un témoin de Dieu veut dire s’engager activement et de façon créative pour que le monde devienne plus accueillant et plus humain, que la paix y règne enfin.

Remarques finales

Chers frères et soeurs ! Par l’intermédiaire du projet « DräiSchrëtt », la discussion au sujet des fondements de notre foi devrait être relancée. Le baptême y joue un rôle primordial. Peut-être pourrons-nous arriver à renouveler la pratique baptismale en tenant compte des besoins de notre temps tout en apprenant nous-mêmes à mieux vivre à partir du mystère du baptême. Les aspirations de tant d’hommes et de femmes qui cherchent à découvrir le sens et la source de la vie ne doivent pas rester vaines, mais trouver un but. Pour nous, le but c’est Jésus-Christ, qui s’adresse à nous à travers les sacrements, qui nous comble de bienfaits et nous donne une mission.
Confions au coeur de Marie, notre chère Patronne, ceux qui, par le baptême, sont admis dans la communion de Dieu et de son Eglise. Que celle qui n’a jamais abandonné son fils sur son chemin terrestre nous accompagne nous aussi ainsi que nos communautés chrétiennes sur la route conduisant à la source de la vie qu’est le Christ lui-même.

Luxembourg, le 2 février 2006,
fête de la Présentation du Seigneur

 
Fernand FRANCK Mgr
Archevêque . Erzbischof
 
 
Dans cette rubrique
© Église catholique à Luxembourg Contact | Webmaster Tools
 
logo

http://www.cathol.lu//archidiocese-erzbistum/annuaire-diocesain/paroisses-territoriales-pfarreien/article/boevange

© Église catholique à Luxembourg
certains droits réservés