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Eglise 2005 / Kirche 2005
En route : avec Jésus Christ - ensemble - pour le salut des hommes
Bilan intermédiaire
Le présent texte du bilan intermédiaire est une traduction libre de l’original allemand « Kirche 2005. Eine Zwischenbilanz » paru en février 1998. Dans ce document je vous transmets le bilan des deux premières étapes de notre initiative pastorale « Église 2005. En route : ensemble - avec Jésus-Christ - pour le salut des hommes ». D’abord je voudrais dire un merci cordial à tous ceux qui, par leurs réactions écrites, ont participé au processus de consultation. Ils ont ainsi montré l’intérêt qu’ils portent à notre Église et à son avenir. Merci également à la commission « Église 2005 » qui, dans un travail minutieux, a coordonné les commentaires de façon à les intégrer dans un tout. Le présent fascicule n’est donc pas une prise de position officielle de l’Église du Luxembourg, mais plutôt une collection des données réparties suivant différents sujets. Le caractère provisoire du document, qui ne reflète pas tout simplement l’image de l’Église luxembourgeoise comme telle, doit être respecté. Pour compléter cette image, la commission, soucieuse du respect de la réalité, a doté les synthèses des réponses de perspectives supplémentaires. De même elle a ajouté des questions et des pistes nouvelles, pour ranimer le dialogue et la discussion. Ainsi cette compilation fournit la base de la marche à adopter. Pour être concret, comment allons-nous procéder par la suite ? Ce bilan qui ouvre des pistes va être discuté à tous les niveaux d’Église : ce sera la 3ème étape de l’initiative « Église 2005 ». Les réactions et les propositions qui en émanent seront rassemblées jusqu’en été 1998, au cours d’une 4e étape, en vue du rapport final et d’une assemblée diocésaine. Je vous invite à collaborer également à cette étape. Au milieu de nos réflexions nous ne devons pas oublier que le maître de l’Église, ce n’est pas nous, mais Jésus-Christ au milieu de nous. Par son Esprit il vivifie la communauté ecclésiale. En cette année consacrée à l’Esprit Saint, laissons-nous guider tout particulièrement par lui vers l’an 2000. Que l’Esprit, agent d’unité et de concorde, guide et dirige notre Église ! Luxembourg, commémoration de N.-D. de Lourdes, le 11 février 1998 + Fernand Franck
1. Contexte et arrière-plan de l’initiative pastorale « Église 2005 »« Aujourd’hui, comme hier (au moment du concile et du synode), nous avons besoin du long souffle du dialogue et de l’échange afin que le renouvellement de la vie de l’Eglise devienne vraiment l’affaire de tous. Car l’Eglise, c’est nous, les chrétiens, assimilés au Christ et devenus membres de son Corps par le baptême et la confirmation, qui la formons. Dès lors la communauté ecclésiale à laquelle, tous, nous appartenons, concerne chacun d’entre nous. » Ainsi s’exprimait l’archevêque Mgr Fernand Franck dans une lettre adressée aux prêtres et aux collaboratrices et collaborateurs dans l’action pastorale au moment du démarrage de l’initiative pastorale au début de 1996. 1.1. Instantané de l’Église au Luxembourg Les échanges ont démarré en 1996 et se sont poursuivis jusqu’en 1997. Les réactions, à la fois individuelles et collectives, étaient nombreuses. Elles exprimaient le souci pour l’avenir de l’Église en même temps que l’attente et l’espoir. Chaque réponse est une partie importante du procès de renouvellement qui vient de commencer. Le présent rapport permet de se rendre compte du travail effectué jusqu’à présent. Les « signes des temps » et les témoignages de tant d’hommes et de femmes sont autant de voix par lesquelles s’exprime « ce que l’Esprit dit aux églises ». Si les réactions très différentes les unes des autres font penser à Babel, il est certain qu’il faut y voir l’expression d’un amour pour l’Église tantôt craintif ou blessé, tantôt nostalgique ou rempli d’espoir. A d’aucuns l’Église apparaît couverte de taches, de rides, de défauts (cf. Eph 5,27), tous cependant portent le souci de cette Église qui a pour mission de vivre et d’annoncer un message porteur de lumière et de salut. Les réactions rassemblées révèlent un tableau complexe : c’est une sorte d’instantané de l’Église luxembourgeoise qui ne prétend nullement être le résultat d’un sondage représentatif. Les questions n’ont été ni posées, ni évaluées d’après des critères démoscopiques. D’aucuns y verront un désavantage important; néanmoins, même une photographie imparfaite permet de déceler les ombres et les lumières. Le chapitre suivant renseignera sur le nombre de réponses reçues, la méthode de l’évaluation et le bilan exact du déroulement. 1.2. Contexte social L’Église ne vit pas sur une île. Les critiques qu’on lui adresse s’inscrivent dans le contexte concret de la réalité vécue par la société du Luxembourg. Vue globalement, la société luxembourgeoise est devenue une société qui vit dans l’aisance avec les caractéristiques typiques de ce genre de société : misère morale, d’un côté; de l’autre, exclusion toujours plus prononcée de certaines classes, de certains groupes. La mentalité matérialiste est en progression, la sécularisation et l’indifférence religieuse gagnent du terrain : telles sont les conséquences de ce développement. A cela s’ajoute un phénomène relativement nouveau : ces dernières décennies l’Église au Luxembourg se voit confrontée, dans une mesure telle qu’elle ne l’avait jamais expérimenté, au pluralisme spirituel et philosophique; l’offre faite aux hommes en quête de sens nonobstant le matérialisme et l’aisance est plurielle et rivalise avec celle de l’Église qui porte le souci de tous les hommes. Les sectes et les offres ésotériques sont d’autres rivales de l’Église; elles ont l’avantage de la nouveauté en face d’une Église qu’on croit trop bien connaître et qu’on a déjà jetée par-dessus bord. La critique systématique de l’Église et du christianisme, telle qu’elle est devenue manifeste et de plus en plus virulente chez nous au cours de ces dernières années, trouve parfois son écho dans certains milieux d’Église. Le contexte général de l’initiative pastorale qui invite à porter un regard critique sur la réalité en vue d’acheminer l’Église vers le 3e millénaire entraîne comme conséquence le fait que les déficits et les développements erronés prennent une place plus grande dans les réponses que les expériences positives et les perspectives prometteuses. 1.3. Rédaction des résultats Le présent bilan contient les témoignages de tous ceux qui ont répondu aux questionnaires de l’initiative pastorale « Église 2005 » : il est évident qu’on a dû résumer, coordonner, rédiger un texte. Souvent le ton et le style des réactions ont été conservés. Il a cependant été renoncé à identifier les citations textuelles, ne fût-ce que pour donner à l’imprimé un aspect plus dégagé. Comme, de par leur nature, les résultats d’un sondage non représentatif sont incomplets, la commission « Eglise 2005 » a jugé nécessaire de faire certains ajouts : ces ajouts ne sont pas des corrections ni des distorsions; ils sont destinés à relever des faits, des événements, des données qui n’ont pas été mentionnés, mais qui sont importants et font partie de l’Église au Luxembourg. Les constats, les soucis et les souhaits énoncés n’amènent par eux-mêmes aucun changement; il s’agit d’en dégager des perspectives, perspectives qui surgissent des réactions complétées par les ajouts. Ces réflexions et ces questions ouvertes sur l’avenir sont destinées à susciter le dialogue et l’échange dans une prochaine étape. 1.4. Réalité plurielle Dans les pages qui suivent, le lecteur attentif ne manquera pas de découvrir des contradictions, des répétitions. En fait, les réponses contenaient tout, de la critique sévère ˆ l’éloge inconditionnel, de la défense de la tradition à l’exigence radicale du nouveau, de la contemplation spirituelle et mystique à l’analyse rationnelle et logique, du souci simplement exprimé jusqu’à la déclaration personnelle de vouloir s’engager dans l’Église. Toutes ces petites pierres constituent la mosaïque qui représente l’Église au Luxembourg. L’Église est une réalité plurielle, aussi différenciée et multiple que la vie. Pour intensifier la vie de l’Église, les conseils paroissiaux et les comités régionaux, les conseils diocésains et les communautés, les mouvements, les associations, les organisations et les congrégations, et bien entendu également les personnes individuelles sont invités à étudier le présent rapport et à y déceler les accents de renouvellement de la vie ecclésiale. « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2,7) - en cette année où l’Église se soumet à l’action de l’Esprit-Saint pour préparer le jubilé de l’an 2000, que chacune et chacun fasse l’apport de la grâce reçue pour la construction du corps du Christ qu’est l’Église. 2. Résonance large à l’initiative pastorale diocésaine « Église 2005 »Bilan du déroulement des deux premières étapes L’institution officielle, par l’archevêque Mgr Franck, d’une commission diocésaine « Église 2005 », le 15 janvier 1997, en particulier la publication, dans le « Luxemburger Wort », de l’adresse postale de la commission à laquelle dorénavant devraient être envoyées toutes les réactions écrites, marque le début de la première étape de l’initiative pastorale « Église 2005 ». Le lancement de l’initiative avait eu lieu, comme on sait, l’année précédente, au cours de l’Octave 1996. Dès cette publication dans la presse quotidienne, les premières prises de position affluaient. Initialement la clôture de la première phase était prévue pour le mois de mai 1997. Mais les réponses qui continuaient à affluer et les informations de la part de paroisses, de mouvements et de communautés disant que les consultations n’étaient pas encore terminées, amenaient la commission à remettre la date de clôture au mois de juillet. Il a même été tenu compte de la plupart des réponses qui sont encore arrivées après cette date. La collecte et la lecture des réponses constituent la deuxième étape de l’initiative pastorale. Le déroulement de cette étape fera l’objet de l’étude détaillée qui suit; cette deuxième étape est à la fois objet et résultat de ce bilan intermédiaire. Ce deuxième chapitre est divisé en trois parties : la première partie rend compte du nombre et de l’ampleur des réactions de la première phase; la deuxième partie essaie de montrer comment ces données ont été évaluées, tâche plutôt difficile par moments; la troisième partie est consacrée à l’interprétation de la grille de lecture retenue. Quelques réflexions terminent ce chapitre consacré à la méthode de l’évaluation. 2.1. Résultat d’après le nombre et le genre des réponses Depuis janvier 1997, quelque 700 réponses (692, pour être précis) sont parvenues au secrétariat de la commission « Église 2005 ». 590 réponses proviennent de personnes individuelles, les 102 autres sont des contributions de groupes - la proportion étant ainsi de 6 à 1. A peu près les deux tiers des réponses venant de personnes privées gardaient l’anonymat, mais portaient presque toujours des indications sur l’âge et le sexe. Les réponses collectives, dont les auteurs sont toujours connus, se répartissent entre les conseils paroissiaux d’une part, et divers autres groupements d’autre part. Parmi les 102 contributions de groupes, 51 proviennent de conseils paroissiaux, les 51 autres constituent le résultat d’une réflexion en commun d’origines diverses (groupes de l’ACFL, classes scolaires, groupes bibliques, services d’Église, groupes de réflexion, équipes pastorales, etc.). La majorité des réponses de personnes individuelles est basée sur le questionnaire officiel de l’initiative pastorale. Cela vaut aussi pour la plupart des réponses des conseils paroissiaux et des groupes. Ainsi, cet instrument destiné d’abord à soutenir la réflexion s’est avéré être d’une grande utilité et d’une grande importance pour le résultat obtenu. A côté de cette façon officielle de répondre, il y a bon nombre de lettres dont les auteurs s’expriment librement, ainsi que tout un tas de réponses qui s’appuient sur d’autres questionnaires (p.ex. celui de la région pastorale « Sud »). L’étendue des différentes réponses est tout aussi inégale que leur contenu ou leur provenance - la longueur allant d’un mot isolé à une lettre de 27 pages. Le questionnaire avait été traduit non seulement en allemand et en français, mais encore en portugais, en italien, en espagnol. Ainsi les communautés et missions étrangères pouvaient facilement apporter leur collaboration. Ce sont surtout les Portugais qui ont répondu en grand nombre à l’initiative pastorale. Pour mieux faire connaître le projet, la commission « Église 2005 » avait assuré, au cours de l’Octave 1997, une présence dans la cour carrée située entre la cathédrale et la bibliothèque nationale. A la suite de cette mesure les réponses affluaient; de mai à juillet, en particulier, on comptait 400 contributions, donc plus de la moitié du total. Il reste à mentionner que le lecteur trouvera en annexe un tableau détaillé des données statistiques. S’il le souhaite, il peut demander à la commission « Église 2005 » (tél. 46 20 23) de consulter les données en détail. 2.2. Le traitement des réactions enregistrées Face à la quantité et à la diversité du matériel reçu, les responsables ne pouvaient s’empêcher de penser, après lecture, qu’il n’existait aucune opinion qui n’y eût pas trouvé sa place. A partir des mois de juillet et d’août un comité de rédaction institué par la commission « Eglise 2005 » commençait à évaluer le matériel reçu. Ce comité demandait à un expert en démoscopie des conseils de principe sur la méthodologie à adopter face à une telle quantité de témoignages variés et isolés. L’expert proposait de commencer par enregistrer chaque réponse sur ordinateur, selon des critères de référence préétablis. Un tel procédé aurait, selon lui, l’avantage de pouvoir retracer l’origine de chaque témoignage et d’établir facilement ses liens avec d’autres témoignages. On pourrait imaginer, p. ex., qu’on pose la question : Quelle importance accordent les réponses à la bible ? - D’après les réponses, quelle signification prend-elle dans la vie des croyants, laquelle dans l’Église, dans la catéchèse, dans l’instruction religieuse ? Qui dit quelque chose sur la bible ? Est-ce que ce sont plutôt les individus ou les groupes ? Quoique de prime abord cette façon de procéder parût irréalisable, vu le personnel restreint, elle fut adoptée, en fin de compte. Avant tout, parce qu’elle semblait garantir le respect de chaque témoignage individuel. Une personne fut chargée de copier une partie des réponses chez elle, le reste fut copié par des membres de la commission. On commençait par l’évaluation des quelque 600 réponses individuelles, ensuite seulement on s’occupait des quelque cent commentaires de groupes. Dès le début, il était clair qu’une attention toute particulière serait accordée aux réponses des groupes, parce qu’elles étaient le fruit d’une plus longue réflexion, menée par un plus grand nombre. Le texte de chaque réponse était d’abord divisé en parties selon les sujets, ensuite décodé suivant des critères de références qui désignaient leur genre et leur origine, dans le respect total de l’anonymat des auteurs. Ce procédé compliqué et pénible d’enregistrement sur ordinateur durait à peu près quatre mois, parce qu’il n’était pas évident au commencement quels seraient les critères d’appréciation utilisés. A mi-temps on y appliquait des modifications et des corrections. Si au début on avait établi une grille de lecture à base d’une appréciation (jugement positif ou négatif émis par les auteurs des réponses), on se décidait plus tard pour un système de répartition selon des mots clés. On s’éloignait ainsi de l’appréciation plus subjective pour aboutir à une méthode plus objective basée sur les thèmes abordés. La grille de lecture qui en est issue sera décrite dans le paragraphe suivant. Au terme de cette façon de procéder, toutes les données fournies étaient enregistrées sur ordinateur sur quelque 7000 fiches. 2.3. La grille de lecture - instrument de répartition Le souci constant de prendre au sérieux et d’utiliser chaque réponse donna naissance à une grille de répartition basée sur le matériel reçu. Le modèle adopté est un instrument de travail destiné avant tout à intégrer la multitude des opinions sans changer quelque chose aux intentions qui sont à leur source. La grille de lecture retenue comporte sept domaines assez vastes. La liste des mots clés est issue des réponses individuelles concrètes. Le premier domaine « Église et société » rassemble tout ce qui concerne avant tout le contexte social, comme p.ex. le chômage, la consommation, la criminalité, la politique, ensuite ce qui intéresse à la fois l’Église et la société, comme la relation de l’Église et de l’État, l’importance et la protection de la vie humaine, le danger des sectes, les questions écologiques etc. Le deuxième domaine « Image de l’Église » traite de l’image de l’Église telle qu’elle apparaît à travers les écrits de tous ceux qui ont pris position. Vue de l’extérieur, l’Église est perçue de façon variée, souvent fort différente selon les réponses. On y touche aux sujets de la communion, de Dieu, de Jésus-Christ, du pouvoir, des laïcs, de la critique de l’Église, etc. Vu la multiplicité des thèmes y ayant trait, le domaine « Image de l’Église » est le plus vaste, car la plupart des réponses portent sur ce sujet. Le troisième domaine « Services pastoraux » comprend tout l’éventail des sujets de la pastorale. Il est divisé en cinq parties : la première est consacrée aux différents domaines de la pastorale, tels que la pastorale des personnes âgées et des malades, la pastorale des jeunes. Les domaines vitaux de l’Église - service, liturgie, catéchèse - font l’objet des parties 2-4 de ce chapitre, alors qu’une cinquième partie traite de l’oecuménisme. Le quatrième domaine « Église locale » vise surtout la paroisse. Ici on parle de l’édifice de l’église, des célébrations, des fêtes, de la vie paroissiale. Le cinquième chapitre est consacré au personnel de l’Église au sens large. Sous le titre de « Ministères » figurent les mots clés clergé, évêque, pape. Le sixième chapitre « Être chrétien aujourd’hui » résume des impressions sur la manière de vivre et d’agir en chrétien. Il permet de distinguer l’importance de la bible, de la prière, de l’engagement, de la réconciliation dans la vie des croyants. Dans un dernier chapitre intitulé « Domaines conflictuels » il est question de sujets chauds, souvent débattus à notre époque, tels le rôle des femmes dans l’Église et le célibat. On retrouve certains mots clés dans deux chapitres, parce qu’ils les concernent tous deux : ainsi p.ex. le mot tolérance relève du domaine de l’image de l’Église et de l’être chrétien aujourd’hui. Dans le premier cas, on se sert du terme par rapport à l’Eglise - est-elle tolérante ? - dans le deuxième cas le mot tolérance s’applique à l’attitude du chrétien individuel. Une division supplémentaire à l’intérieur des sept domaines s’avérait nécessaire, vu l’optique différente selon les contenus. Ainsi chaque domaine est encore subdivisé en quatre points : Les deux premiers « a) Préoccupations » et « b) Expériences positives » reproduisent le contenu des réponses, non pas textuellement, mais d’après le sens. Sous un troisième point « c) Informations complémentaires », la commission fait des ajouts qui montrent des aspects non mentionnés sous a) et b). Un quatrième et dernier point « d) Perspectives » ouvre sur des horizons nouveaux et pose des questions supplémentaires, destinées à susciter et à alimenter la réflexion et les discussions ultérieures en groupe. Ce dernier point émane également de la commission. Les passages du texte provenant de la commission en guise de complément sont imprimés en caractères cursifs, tout le reste qui provient des réponses est imprimé en caractères usuels. 2.4. Quelques conclusions Le large écho qu’a connu la première étape de l’initiative pastorale est très satisfaisant et encourageant. Les nombreuses réponses individuelles en particulier sont un signe plein d’espoir, reflètent le sens de la responsabilité de beaucoup de chrétiens dans notre diocèse et sont la preuve éminente de leur souci pour l’avenir de la foi. Que toutes les personnes individuelles, qui ont participé jusqu’ici à l’initiative pastorale, en soient sincèrement remerciés. La participation des groupes et des communautés est très variable au point de vue géographique : si dans certaines régions la participation est très drue, elle est inexistante dans d’autres. Il est cependant certain qu’au-delà de l’initiative pastorale proprement dite les nombreuses contributions excellentes représentent un gain pour les personnes qui se sont donné la peine d’analyser la situation. Leur effort les aura amenés à mieux comprendre la situation actuelle et à en dégager les chances et les défis. Que tous ceux qui se sont tus jusqu’ici soient encouragés par l’exemple de ceux qui les ont devancés à participer à l’avenir au processus dynamique de l’initiative « Église 2005 ». 3. Aperçu sur le contenu des réponses enregistréesPrésentation thématique des données 3.1. Église et société a) Préoccupations C’est l’inquiétude qui caractérise l’attitude de beaucoup face à la postmodernité. Certains aspects de la postmodernité comme l’individualisme, l’esprit de rivalité, la consommation, le matérialisme sont perçus dans leurs tendances déstabilisantes et destructrices. L’aisance dans laquelle vivent la plupart laisse un arrière-goût amer, puisqu’elle compromet en partie l’avenir. Les réactions sont le pessimisme et la peur. Le chômage, la menace de la guerre, de la pauvreté, de la violence et de la criminalité, ou encore la destruction du milieu ambiant sont des mots clés qui expriment une grande inquiétude. Les drogues et les sectes constituent des menaces pour les jeunes. Les divorces, les suicides, les abus dont sont victimes les enfants, la décomposition des familles déstabilisent la société. Comment réagir ? On se sent impuissant, du moins dépassé par ces événements. La présence de l’Église dans la société est déficiente, selon l’avis de beaucoup : On souhaiterait que l’Église prenne position de façon expresse et critique sur des questions d’actualité; or, ces prises de position spécifiquement chrétiennes font défaut, du moins là, où la plupart entrent en contact avec l’Église Les relations entre l’Église et l’État au Luxembourg font l’objet d’une analyse critique : ces relations mettraient en danger la liberté de l’Église. Beaucoup préféreraient la solution de la séparation de l’Église et de l’État. Mais en général on reproduit plutôt des slogans à ce sujet sans en approfondir la réflexion. La relation entre Église et médias fait l’objet d’une critique non moins sévère : ici on s’en prend à la fois à la présentation unilatérale de l’Église par les médias et à son manque de présence dans le dialogue social et culturel; on demande que les nouveaux médias soient mieux utilisés pour l’annonce de l’Évangile. On reproche en général à l’Église d’être trop discrète quant à son message et d’avoir peur du débat public. On reproche à RTL le récent changement d’horaire des émissions religieuses, et au « Luxemburger Wort » les comptes-rendus partiaux sur la vie de l’Église et sa réticence au dialogue. Le manque d’adaptation de l’Église au monde moderne est souvent relevé : dans les grands débats sociaux, d’après les critiques, l’Église n’est pas à la hauteur de sa tâche, parce qu’elle manque d’idées et de substance; elle se montre inflexible face à l’actualité; il y a un fossé entre la vie de la société et la vie de l’Église; l’Église n’est pas d’un grand secours au chrétien qui, dans sa vie personnelle, essaie d’établir une relation entre les deux. Ce manque d’adaptation n’est-il pas la conséquence du manque d’ouverture aux « signes des temps » et à l’action de l’Esprit-Saint ? Chez beaucoup, la croissance des sectes dans notre pays suscite la peur et l’inquiétude. Ils en imputent la faute à l’Église, qui apparemment n’exerce plus d’attrait sur beaucoup d’hommes, ne fournit pas de réponses à leurs questions. Devant le problème des sectes, la plupart se sentent désemparés et impuissants, s’attendent du moins à ce qu’on s’en occupe. La détérioration des valeurs dans notre société, au cours des dernières décennies, provoque une grande inquiétude. Des valeurs matérielles, comme l’argent ou l’amusement, remplacent de plus en plus les valeurs spirituelles et morales. Certaines idoles ou encore les sports exercent une fascination qui va s’augmentant sur les adolescents, même s’ils s’avèrent incapables de fournir une réponse aux questions d’orientation et de sens. Qu’adviendra-t-il des jeunes qui ont besoin de valeurs, mais auxquels on n’en offre pas, qui ne trouvent plus d’exemple de valeurs vécues dans la réalité qui les entoure, voilà un préoccupation majeure. b) Expériences positives Le chrétien vit dans le monde, il vit les problèmes, les soucis, les craintes et les inquiétudes des hommes de son époque. Quelle attitude l’Église et les croyants devraient-ils adopter dans cette situation, en face de ces problèmes ? On ne se prononce pas là-dessus. Cela peut tenir aux questions, peut-être aussi à la tendance qu’on observe et qui relègue la foi et les croyants à l’intérieur des églises. L’Église doit sortir sur la place publique, affronter le débat public. Cette exigence pour l’avenir est explicite. D’une façon générale, les chrétiens qui ont réagi à l’initiative pastorale ne s’expriment pas sur les aspects positifs du monde dans lequel ils vivent. On peut se demander si notre monde manque d’aspects positifs, ou pourquoi il n’en est pas question dans les réponses. c) Informations complémentaires On se contente d’identifier les problèmes, sans en chercher les causes profondes, sans proposer des changements. Les relations entre l’Église et la société sont complexes, parfois difficiles. L’Église a perdu le monopole relatif à la question du sens et à l’orientation des valeurs. Le comportement social a changé, la transmission de la foi est en crise et le fondamentalisme augmente dans toutes les religions. Néanmoins, la politique des petits pas et la démocratisation dans beaucoup de pays sont des signes d’espoir. La tendance à la désolidarisation et à la privatisation se manifeste partout dans le domaine public, pas uniquement dans l’Église. L’optimisme avec lequel on envisageait l’avenir dans les années passées a cédé le pas à une ambiance de crise. Le message libérateur de l’Évangile nous invite à collaborer à la transformation du monde. Il faut souligner cependant que certaines critiques sont objectivement incorrectes, p.ex. celle que l’Église ne prend pas position sur des questions d’actualité. On notera au passage tous les textes romains concernant la justice sociale, et au Luxembourg, le document sur le travail « Étoiles pour l’Europe », et les prises de position de diverses commissions diocésaines sur l’éthique sociale, etc. d) Perspectives Si l’utilisation de l’internet présente certains dangers, elle rapproche les hommes de par le monde entier et facilite la solidarité. Les défis de la recherche génétique relancent partout le débat sur le sens de la vie, la continuité des valeurs, l’éthique. Alors que travailler devient un luxe, les loisirs prennent une importance accrue : les hommes se rencontrent selon des centres d’intérêt et s’engagent individuellement. On exige des prises de position claires et nettes de la part de l’Église sur toutes les questions qui menacent la vie humaine. Il ne s’agit pas d’énumérer des maux, mais plutôt de suggérer des remèdes à partir de l’Évangile. Encore faudrait-il que les prises de position de l’Église soient suffisamment diffusées et connues par l’Église elle-même. Chaque chrétien porte sa part de responsabilité, partout et toujours. Le troisième millénaire est un défi pour les hommes du monde entier. Le Pape invite chaque chrétien à relever ce défi. Nous avons le devoir de participer à la construction de la société, de nous engager pour la conservation de la nature, pour une justice et une solidarité accrues.
3.2. Image de l’Église 3.2.1. Entre renouvellement et tradition a) Préoccupations Pour beaucoup, l’élan du Concile Vatican II s’est arrêté. « Aggiornamento » est devenu un vocable étranger. On regrette l’arrêt du mouvement et on le critique. L’opinion contraire est défendue également : trop de choses auraient été changées trop vite. Pour les uns, la tradition est un guide important vers l’avenir, pour d’autres la tradition est un obstacle au renouvellement. On invoque le « bon vieux temps » et on le regrette. Perte de crédibilité et perte d’authenticité sont les conséquences de la lenteur du renouvellement et de l’absence d’aggiornamento : un fossé sépare célébrations et vie, annonce de la Parole et mise en pratique de la Parole; l’Église s’éloigne de plus en plus de la réalité telle que la vivent les hommes et les femmes d’aujourd’hui, et nombreux sont ceux de ses serviteurs et représentants qui agissent et vivent autrement qu’ils ne parlent. b) Expériences positives On salue expressément les changements et le renouvellement intervenus dans l’Église pendant les dernières décennies. On espère qu’un intermédiaire équilibré sera trouvé entre la tradition et la nouveauté, ce qui correspond d’ailleurs bien à la mentalité luxembourgeoise, ennemie de tout excès. Beaucoup ont le réel souci d’une Église proche de son temps et proche des hommes. Ils reconnaissent dans les transformations de la société et de l’Église les « signes des temps », des clins d’oeil même de Dieu, que l’Église doit percevoir, comprendre et réaliser. Le terme « Église ouverte » doit être interprété comme un programme. On attend beaucoup d’une Église renouvelée, plus authentique; et d’aucuns se déclarent prêts à orienter davantage leur propre vie d’après l’Évangile. c) Informations complémentaires Depuis le 4e synode diocésain, l’Église au Luxembourg a fait de grands efforts pour traduire l’aggiornamento dans la réalité luxembourgeoise. Dans les paroisses, les conseils paroissiaux rendent des services appréciables. Dans de nombreuses communautés, associations, organisations on s’applique à reconnaître les signes des temps, même si le changement et le renouvellement sont lents à se manifester. Sur le plan du diocèse, les différents conseils postconciliaires ont été responsabilisés, même si leur autorité et leur compétence méritent d’être redéfinies pour plus de transparence; vu les forces restreintes et le petit cercle des personnes concernées il serait peut-être indiqué de restructurer ces conseils dans le sens d’une concentration. En portant un jugement sur la situation actuelle de l’Église, on ne doit pas se limiter aux seules causes internes (engendrées par l’Église); il faut encore tenir compte du changement de société et des nouveaux défis. Notre Église ne manque pas de relever ces défis, et les initiatives dans ce domaine sont multiples. Nous ne mentionnerons comme exemples que le nombre d’efforts entrepris pour remédier aux nouvelles formes de misère et les offres de formation moderne de la foi. Il est vrai que ces efforts restent insuffisants vu l’immensité de la tâche, car les croyants et les prêtres engagés diminuent en nombre, et l’Église n’a pas encore fait la transition d’une société marquée par le christianisme vers une société ouverte. D’autre part, chez nous comme ailleurs, l’Église et le christianisme sont soumis à une critique véhémente et systématique. Il arrive qu’on ne mentionne que les erreurs et les défauts, bien réels dans une institution vieille de deux mille ans, et qu’on passe sous silence tous les services éminents que l’Église a rendus et rend aux hommes. d) Perspectives Il a été question « d’Église ouverte » et de « signes des temps ». Une fois de plus l’Église est invitée à relever les défis du temps présent. De même il importe qu’elle perçoive les signes d’espoir en son sein, comme la fidélité à l’Évangile, la simplicité, l’authenticité, l’écoute de la Parole de Dieu etc.
Il s’agit donc de continuer résolument sur la route indiquée par Vatican II et de traduire ses exigences avec réalisme. Ce réalisme requiert que nous reconnaissions nos limites et que nous fassions des choix pour nous concentrer sur ce qui est important.
Une Église enracinée dans le Christ, et par conséquent amie des hommes, tel est l’idéal qui doit nous guider et qu’il s’agit de sauvegarder au cours des petits pas pénibles que nous faisons.
La politique de communication de l’Église est déficiente, dit-on. Là aussi, il faut agir.
Il est permis de penser que l’Église dans notre pays vaut mieux que l’image qu’elle reflète. Cela est dû en partie à sa manière déficitaire de communiquer et de montrer ses côtés positifs. Pour faire face aux critiques, ne devrait-elle pas envisager, comme le fait l’Église universelle, une espèce de « purification de la mémoire » en ce qui concerne les erreurs passées typiques pour le Luxembourg ?
3.2.2 Institutions et structures d’Église a) Préoccupations Une critique massive s’adresse aux vieilles structures rigides de l’Église, qui ne servent pas la vie et la joie de croire. On attend de l’Église qu’elle renonce à certains interdits et à la langue de bois face aux problèmes d’actualité. L’Église est perçue avant tout comme une institution obscure, démodée, intolérante, tournée vers le passé, rigide, sans pitié. On l’accuse d’hypocrisie, de pompe exagérée, de morale double, de suffisance. Loi, pouvoir et tradition sont soumis à des critiques tout aussi véhémentes. Le langage de l’Église serait tolérant, mais manquerait de flexibilité dans les cas concrets. Pour l’admission aux sacrements : les uns demandent une plus grande rigueur, les autres la regrettent. L’Église est perçue comme une institution bien organisée, mais peu charitable et peu missionnaire. Beaucoup souhaitent que sa situation financière soit plus transparente, de même que ses mécanismes de décision. Le pouvoir qu’exerce l’Église est sujet à caution : il se réclamerait des traditions et de l’Évangile, disent certains, alors qu’en réalité il ne serait que trop humain, s’appuyant sur l’argent et l’influence. On s’en prend au luxe et aux richesses de l’Église. La pompe est de moins en moins acceptée, même pas dans la liturgie. b) Expériences positives On perçoit bien l’engagement de l’Église au profit des plus pauvres et les innombrables services qu’elle leur rend, On l’apprécie et on l’estime à sa juste valeur. Très souvent la critique ne concerne pas l’Église qu’on a sous les yeux chez soi. Que pour se renouveler l’Église aspire à la simplicité, à l’humilité, au service, voilà un souhait souvent exprimé, même si on émet des doutes quant à la bonne foi des responsables. En tout et pour tout, les critiques formulées sont l’expression d’un réel souci pour l’avenir de l’Église, Église qu’on aimerait voir purifiée, renouvelée. c) Informations complémentaires Il ne faut pas oublier que les structures ne sont pas un but en soi. Conçues pour servir les hommes, elles doivent être constantes pour être fiables. Il ne faut pas oublier non plus que, surtout depuis Vatican II, l’Église s’efforce d’être proche des hommes. Les laïcs ont été appelés à plus de collaboration. Grâce à Vatican II, l’Église est devenue davantage « Communio », et le côté institutionnel a reculé. d) Perspectives On demande plus de pastorale, une meilleure répartition du personnel disponible, plus de simplicité, d’humilité, de service, une plus grande transparence dans la vie de l’Église, une meilleure communication.
3.2.3 Comment l’Église est perçue et vécue a) Préoccupations Beaucoup voient dans l’Église une entreprise de services et s’en servent comme telle, sans esprit de responsabilité ni volonté d’engagement. Cette attitude apparaît lors des demandes de baptême, des mariage, d’enterrement et attriste plus d’un. L’Église est considérée par la plupart comme une association de gens animés d’un même esprit, moins souvent comme une communauté enracinée en Jésus-Christ par le baptême et la confirmation. La notion d’Église est souvent déficitaire : on voit en elle surtout une affaire humaine avec un vague noyau divin. D’aucuns en savent quelque chose des nombreuses disputes, de la jalousie à l’intérieur des communautés d’Église. Il ne faut pas seulement prêcher la tolérance, mais encore la pratiquer. Être tolérant, c’est accepter et supporter l’autre et sa façon de penser différente. On voit souvent l’Église comme l’équivalent de l’intolérance, de l’entêtement, de l’inflexibilité. Cette opinion repose souvent sur des expériences négatives avec l’institution et ses représentants. On souhaite de la part de l’Église à la fois tolérance et fidélité, la même polarité entre les deux témoignant de la maturité d’une communauté : « Fidèle au passé - engagée vers l’avenir ». On regrette souvent l’absence de joie, d’enthousiasme, d’espoir, tout comme l’absence de dialogue. Il est essentiel d’encourager le dialogue avec les jeunes, même s’il s’avère difficile, et de favoriser le dialogue avec les autres confessions et religions. On ne se pose pas trop de questions sur la façon dont le renouvellement demandé et exigé devrait se faire. La contribution de chacun dans ce processus reste dans le domaine du vague. b) Expériences positives La communion est ressentie comme bienfaisante, elle confère un sentiment de faire partie d’un tout à l’individu qui souffre de l’anonymat et de la solitude. Elle est souhaitable et partiellement expérimentée dans les paroisses et les groupes. L’Église renouvelée sera une église respirant l’enthousiasme et la joie; elle sera une église du dialogue. Souvent on exprime le souhait que l’Église se souvienne de l’Église des origines pour trouver les accents authentiques et les vraies valeurs pour le présent et pour l’avenir; « ils étaient un seul coeur et une seule âme ». c) Informations complémentaires Il est difficile d’exprimer avec des mots, comment l’Église est vécue et ressentie; c’est une affaire très personnelle, très nuancée qu’on ne peut réduire à des généralités. Voilà pourquoi on ne saura jamais tout le bien qui a été fait et éprouvé dans une communauté; très souvent le bien reçu n’est même pas mis en relation avec l’Église. d) Perspectives
3.2.4 Mission de l’église - Concentration sur l’essentiel a) Préoccupations On souhaite ardemment une Église qui prie et qui écoute, une Église servante qui trouve son centre en Dieu, et qui pour cela a besoin de lieux de méditation, de calme, de repos. La plupart des critiques à l’adresse de l’Église trouvent leur origine dans l’appréhension qu’elle puisse oublier sa mission, lui être infidèle. L’image que la plupart ont de Dieu n’est pas encore celle du Père de Jésus-Christ, d’où le manque de confiance en l’amour et la miséricorde de Dieu. Rencontrer Dieu dans les célébrations et le service du prochain est la priorité, tout court. Cela implique très clairement la conversion, et des personnes et de la communauté. Une Église axée davantage sur Dieu et la rencontre avec lui pourrait exercer plus d’attrait sur les jeunes. Lorsqu’on parle de Jésus, on le relie à l’Évangile, à son message d’amour, aux sacrements. Il s’agit d’annoncer l’Évangile dans sa totalité, de rendre possible la rencontre avec Jésus et de vivre en tant qu’Église, comme lui, dans la confiance, dans la liberté, dans la simplicité. Il est frappant, qu’on parle très peu de l’Esprit-Saint. Beaucoup se posent la question pourquoi on accorde si peu d’importance et de temps à la bible, si tant est que la bible est la parole de Dieu. b) Expériences positives Tout ce qui touche de près ou de loin à la spiritualité, le centre de la foi, est considéré comme constructif, positif, plein d’espoir pour l’avenir. Toutes les critiques, toutes les propositions relatives à ce qui est essentiel ne peuvent pas ne pas être prises au sérieux : elles témoignent d’un souci réel pour l’Église au Luxembourg. Si Jésus-Christ redevient le centre et le vrai maître de l’Église, il sera possible de répandre la joie et l’amour, au lieu de susciter l’incompréhension et la peur. Beaucoup rendent compte, comment ils se sont familiarisés avec la bible (grâce au Service Biblique Diocésain, au Centre Chrétien d’Éducation des Adultes, au Renouveau Charismatique, à des groupes de paroisse); comment, en lisant la bible en petit groupe ils ont ranimé et approfondi leur foi. A cette église qu’on veut priante et servante il faut des lieux de méditation, de calme, de repos. Il existe de ces lieux bienfaisants et libérateurs; on s’en réjouit et souhaiterait qu’il y en eût davantage. Pour beaucoup l’Église est trop activiste, l’expérience mystique constituerait un antidote. Surtout des jeunes recherchent cet espace de calme pour se recueillir. L’église (édifice) est considérée comme un de ces espaces privilégiés. On demande également des moments de recueillement à l’intérieur des services religieux. Une Église qui sait mieux écouter et prier Dieu sera une Église qui saura mieux écouter et servir les hommes. L’un entraîne l’autre. Une telle Église est le rêve de beaucoup. c) Informations complémentaires Beaucoup de réponses au sujet de la mission de l’Église restent générales. Mais ne faut-il pas voir dans des détails apparemment insignifiants l’indication d’une conversion à Dieu, centre de l’Église ? Nous pensons ici avec reconnaissance aux prières et sacrifices d’innombrables croyants, personnes âgées, malades, religieux et religieuses, qui considèrent la prière comme leur engagement et leur mission dans l’Église. Mentionnons également les initiatives de tous genres qui invitent à la méditation et au calme. Relevons aussi tous les efforts accomplis pour mettre Dieu au centre lors de réunions, de journées de réflexion. Ils représentent pour le moins une recherche de Celui qui est le fondement de tout ce que fait l’Église. d) Perspectives Il faut que le retour au centre de la foi chrétienne et de l’Église prenne des formes concrètes. Qu’est-ce que les différentes communautés chrétiennes entendent entreprendre dans ce sens ? Quelques « moments de spiritualité » diffus au cours du déroulement des activités communautaires ne seront pas suffisants. Par conséquent il est éminemment souhaitable que le renouveau de l’Église passe par une écoute plus attentive de la Parole, par la lecture de la bible et par la multiplication des groupes bibliques.
3.2.5 Clercs et laïcs au service de l’Église a) Préoccupations Le manque de prêtres représente un gros souci qui nous laisse désemparés. Pour y remédier certains proposent une Église de laïcs, d’autres l’abolition du célibat obligatoire et l’admission des femmes au sacerdoce. D’une façon générale cependant, on attend plus d’activités spécifiques et plus de pastorale de moins de prêtres. Beaucoup de tâches pourraient être assumées par des laïcs. Les curés qui n’ont pas de temps pour le dialogue et la pastorale et qui dirigent leur paroisse comme une entreprise sont vivement critiqués. Mais la collaboration entre prêtres et laïcs ne semble pas évidente. De grands progrès restent à faire en ce qui concerne le dialogue, le respect, la volonté de déléguer, la transparence des relations. On attend de la direction de l’Église qu’elle montre plus d’imagination pour confier à des laïcs des services que le droit canon leur accorde. Le souci du manque de prêtres englobe celui de la relève dans les ordres religieux; mais il est exprimé moins souvent. b) Expériences positives En maints endroits on perçoit, apprécie et loue la présence et la responsabilité des laïcs. De cléricale l’Église est devenue fraternelle. Mais cette image diffère selon les endroits. La disponibilité existe. On s’attend à ce que, par la collaboration des laïcs, l’Église prenne un visage plus humain, plus proche des hommes. On demande plus de pouvoir de décision, plus de responsabilité pour les laïcs : même si l’Église n’est pas une démocratie, les domaines sont nombreux où l’on peut prendre des décisions en commun et où les laïcs peuvent agir en responsabilité propre. Les laïcs ne sont pas des bouche-trous pour des prêtres qui manquent. c) Informations complémentaires Le manque de prêtres est une grande préoccupation de notre Église. A ce sujet il faut absolument mentionner le « Centre de pastorale des vocations » qui attire l’attention des jeunes sur les vocations d’Église. Les bons contacts entre étudiants et étudiantes en théologie d’une part et séminaristes d’autre part créent une base solide pour une collaboration ultérieure. Si le manque de prêtres est une souffrance, un nombre impressionnant de femmes et d’hommes se sont mis au service de l’Église ces derniers vingt ans : ils ont étudié la théologie ou d’autres branches et ont mis leurs aptitudes à la disposition de l’église. Sans eux, beaucoup de services de notre Église ne seraient plus possibles. Il faut souligner aussi les nombreux efforts qu’on fait depuis des années pour faciliter la formation continue en commun des prêtres et des collaboratrices et collaborateurs à plein temps. Enfin, relevons l’engagement et les activités des ordres religieux. Leur efficacité est grande. Le manque de vocations dans les ordres donne lieu à des orientations nouvelles qui sont souvent douloureuses, mais nécessaires. Là encore l’Église entière doit se rendre compte qu’on ne peut plus exiger tout partout, ni que tout reste inchangé. d) Perspectives Si le manque de collaborateurs est un souci majeur de notre Église, on peut se demander si ce souci est partagé à tous les niveaux. On ne fait que multiplier les exigences à l’égard des prêtres, ce qui n’attire pas forcément les jeunes Si la critique est nécessaire, elle peut déstabiliser et démotiver.
3.3 Services pastoraux 3.3.1 En général a) Préoccupations Les préoccupations portent sur différents groupes de personnes et divers problèmes de pastorale :
b) Expériences positives
c) Informations complémentaires La régionalisation n’apparaît pas beaucoup dans l’organisation de la pastorale, peut-être est-elle encore largement inconnue. On mentionne à peine l’engagement des laïcs à la préparation aux sacrements et à la préparation de la liturgie. L’image d’une Église hiérarchisée et structurée, d’une Église de clercs, et non du peuple vivant de Dieu, est encore très forte. A propos de la pastorale des jeunes, on parle peu des mouvements de jeunesse et de leur apport pédagogique, religieux, social, culturel. Seul est mentionné - et critiqué - le fait qu’ils sont « éloignés » de l’Église. L’aide apportée régulièrement, sous forme de brochures, d’offres de recyclage, de célébrations (marche à l’étoile, chemin de croix des jeunes, prière de Taizé) par le « Centre de Pastorale des Jeunes » passe souvent inaperçue. De même le travail des autres services d’Église. d) Perspectives L’exigence que l’Église s’occupe des jeunes est exprimée partout. On énumère des mesures, propose des moyens de toutes sortes : dialogue, rencontres, centres pour la jeunesse, catéchèse, accompagnement, célébrations spéciales, participation aux grandes rencontres internationales.
La pastorale des enfants est un souci brûlant. Elle doit être repensée et établie sur le plan du diocèse pour être exécutée au niveau des régions. L’accompagnement des familles est important, doit être intensifié.
Il s’agit d’intensifier, dans les paroisses, la pastorale des malades. Ce serait là un service à rendre par les laïcs. Une communauté attentive et ouverte ne peut ne pas se soucier de ses malades, de ceux qui sont absents.
On demande une meilleure intégration des étrangers dans la communauté ecclésiale.
L’Église doit être accueillante envers tous ceux qui sont éloignés, ceux qui ont échoué, ceux qui doutent et ceux qui cherchent; on attend de l’Église qu’elle adopte l’attitude du bon pasteur qui va au-devant de ses brebis.
On accorde une grande importance au désir de réconciliation et de pardon dans la communauté et dans l’Église.
On demande des chrétiens qui tirent leur force de la prière et qui osent s’approcher des racines de l’homme. On demande des prêtres qui laissent parler leur cœur et qui ont du temps pour les hommes. On demande des curés qui délèguent aux laïcs une partie du travail administratif pour être des pasteurs.
3.3.2 Services humanitaires a) Préoccupations L’Église peut, par ses apparences, donner l’impression d’être du côté des riches et des influents. b) Expériences positives Une réponse mentionne l’engagement des laïcs dans la politique et la société dans le sens de la doctrine sociale de l’Église. c) Informations complémentaires Il faut relever : le souci pour les hommes du Tiers et du Quart Monde; les nombreuses initiatives de chrétiens qui, bénévolement ou à plein temps, se mettent au service de leurs contemporains moins favorisés, p.ex. la collaboration à des ONG, les services sociaux de la Caritas, l’aide aux réfugiés au niveau paroissial, les prises de position engagées de la commission « Justice et Paix » sur des questions de justice sociale et de xénophobie, la création du « Réseau pour le travail et la promotion humaine » qui s’occupe des chômeurs. d) Perspectives L’option pour les pauvres doit être la préoccupation constante de l’Église. Elle doit dénoncer l’injustice et se faire l’interprète des démunis et des sans-voix.
Aider les hommes à vivre, c’est le but que se proposent certains groupes dans les paroisses qui, ensemble avec le curé, cherchent à soulager des misères humaines.
Le mot de solidarité est employé presque comme synonyme d’amour du prochain. Les hommes tombés dans la misère (sous toutes ses formes) méritent plus d’attention que la conservation de structures. Une proposition explicite demande à l’Église au Luxembourg d’employer des chômeurs pendant des temps limités.
3.3.3 Liturgie a) Préoccupations La liturgie est perçue en premier lieu comme la célébration de l’Eucharistie. Beaucoup y donne lieu à des critiques : la durée, l’horaire, la langue, la monotonie du déroulement, le manque de vie et de joie, le caractère cérébral, l’absence de festivité, de piété etc. La musique et le chant sont importants aux yeux de beaucoup qui comptent y trouver une aide à la prière et à la rencontre de Dieu. Là encore les critiques s’adressent à la qualité du chant, des textes des chants, des chorales. Les liturgies de la Parole ne sont pas encore entrées dans les mœurs. Il faut veiller à équilibrer le nombre de liturgies de la Parole par rapport aux messes dans les campagnes. b) Expériences positives La participation à l’Eucharistie, importante pour une vie de chrétien au quotidien; la prière en commun. c) Informations complémentaires L’acceptation des liturgies sans prêtres est variable. Dans certaines campagnes, elles sont enracinées depuis longtemps et contribuent à la vie des petites communautés locales. La valeur d’une chorale qui recherche la qualité de la liturgie ne doit pas être sous-estimée, car elle rend de grands services. d) Perspectives La forme et le contenu des célébrations préoccupent beaucoup de croyants. Ils sont en général favorables au changement, à des célébrations spécifiques adaptées à certaines tranches d’âge ou à certains groupe.
L’esthétique est importante pour l’expression de la foi. Mais la sensibilité des jeunes est différente de celle des personnes plus âgées; il faut en tenir compte. On veillera à intégrer au répertoire des chants répondant aux différentes sensibilités.
On demande que la pratique sacramentelle soit unifiée et on souhaite des formes nouvelles de célébration, appropriées aux tranches d’âge des participants. Les rassemblements de croyants sont considérés comme une partie de l’identité chrétienne et catholique, d’où leur importance.
3.3.4 L’annonce de la foi a) Préoccupations Éducation religieuse et instruction religieuse sont étroitement liées, dans les réponses. Malheureusement l’éducation religieuse se fait de moins en moins dans les familles. La question se pose en tout cas, si et de quelle manière la foi peut encore être transmise aux enfants et aux jeunes. On délègue une grande responsabilité à l’instruction religieuse scolaire - tout comme aux écoles catholiques. Les critiques ne ménagent pas les enseignants de doctrine chrétienne, ni dans l’enseignement primaire, ni dans les lycées : la façon de présenter la matière, le contenu de l’enseignement, le niveau de formation des catéchistes, à tout cela on trouve à redire. On insiste sur le fait que la doctrine de Jésus-Christ doit être transmise dans son intégrité. Des interprétations personnelles risqueraient de semer la confusion. Certains sujets seraient escamotés, comme la mort, le ciel, le paradis, l’enfer, la vie après la mort, la vie éternelle. Les laïcs sont de plus en plus sollicités pour collaborer sans qu’une formation adéquate leur soit offerte. Surtout la préparation aux sacrements mériterait une formation spéciale. La langue de l’Église, compliquée, artificielle, est souvent un obstacle à la transmission de la foi. Le clergé s’exprime autrement que le peuple. Il devrait s’exprimer de façon plus simple et plus directe. L’avenir de la foi semble très menacé. Les églises se vident, les chrétiens actifs sont âgés, les jeunes ont déserté l’Église, les prêtres commencent à manquer, l’indifférence au sujet de la religion se répand, la foi diminue, tous ces facteurs compromettent l’avenir de la foi. b) Expériences positives Il y a de la reconnaissance pour les nombreuses occasions de formation qu’offrent paroisses et communautés. On relève de façon élogieuse le rôle du « Centre Chrétien d’Education des Adultes » et du « Service Biblique ». A côté de la critique, on trouve aussi l’éloge des enseignants de doctrine chrétienne. Il est certain que, dans le domaine de l’instruction religieuse, la personnalité de l’enseignant joue un grand rôle : on souhaite qu’il soit bien formé et crédible par la vie qu’il mène. c) Informations complémentaires Tous les trois ans, les prêtres et les collaborateurs laïcs à plein temps sont invités à une semaine de formation continue. Il existe encore d’autres offres de formation, dont on profite plus ou moins. Depuis plusieurs années, des femmes concourent à la formation des prêtres. d) Perspectives On attend beaucoup des catéchistes auxquels on délègue souvent la totalité de l’éducation religieuse. Mais même la meilleure instruction religieuse à l’école ne peut remplacer l’éducation religieuse de l’entourage, de la famille.
Pour la formation, on souhaite la méthode active. Quant au contenu, il devrait traiter de questions relatives à l’Église, bien entendu, mais aussi relatives à la société, à la science, à la politique. Il existe une grande demande de formation, et la volonté de se laisser former ne fait pas défaut. L’ignorance en matière de foi doit inciter à investir davantage dans la formation initiale et continue.
La dimension missionnaire est perçue surtout en relation avec notre entourage immédiat. Mais il faut que l’annonce de la foi soit étendue à d’autres pays, d’autres continents. Pour mériter le nom de catholique, l’Église doit prendre au sérieux la dimension universelle de sa mission. Les femmes doivent avoir une place dans la formation continue des prêtres. La formation à tous les niveaux (collaborateurs, communautés et paroisses, conseils paroissiaux) est à intensifier. Une importance particulière doit être accordée aux sermons, indispensables à la transmission du contenu de la foi, et à leur véhicule, la langue. Les sermons devront être annonce de la Parole avant tout. Certains chrétiens voient dans le nombre diminué des pratiquants une chance de se concentrer sur l’essentiel et de devenir une communauté de foi active et missionnaire; voilà pourquoi il faut garder l’espoir et rester patient. Une proposition concrète : l’institution d’un centre religieux et spirituel à confier aux soins d’une « communauté nouvelle ».
3.3.5 Aspects communautaires a) Préoccupations Le souci de l’unité de l’Église implique l’unité entre Églises chrétiennes, et le dialogue entre les différentes religions. La communication difficile entre clercs et laïcs, entre paroisses et groupes chrétiens, entre Luxembourgeois et étrangers, entre un christianisme nostalgique de la tradition et un christianisme adapté au monde moderne : voilà d’autres préoccupations relatives à la notion de communauté, mot clé pour l’Église de demain. b) Expériences positives La fondation du Conseil Œcuménique d’Églises Chrétiennes au Luxembourg, certaines manifestations organisées par des services d’Église (Service Biblique, Sesopi-Centre Intercommunautaire), la « Messe du Peuple de Dieu », la communion vécue en paroisse ou lors de célébrations sont autant de signes d’espérance perçus par beaucoup. On souhaite que la communion s’intensifie et on est d’avis que c’est là le désir de Dieu pour son Église aujourd’hui. c) Informations complémentaires Si le souci du manque d’unité n’est pas injustifié dans différents domaines, il faut souligner que beaucoup de prêtres et de laïcs font route commune; beaucoup de communautés sont ouvertes vers l’intérieur et l’extérieur. d) Perspectives Afin que le désir de communion ne reste pas lettre morte, il faut aspirer à une plus grande unité : unité entre le haut et le bas, entre clercs et laïcs, entre croyants de différentes nationalités et différentes langues, entre les nombreux groupes et petites communautés chrétiennes à l’intérieur de la grande communauté de l’Église. On souhaite que le mouvement œcuménique continue à se développer. La vision de l’avenir est empreinte de représentations d’harmonie, de fraternité, de tolérance, de collaboration.
Le désir de communion est fortement accentué. La réalisation de la communion demandera, à l’avenir, beaucoup d’engagement et restera toujours un défi, mais un défi prometteur.
3.4 Église locale a) Préoccupations On se plaint de l’esprit de clocher dans les paroisses, tout comme de l’individualisation accrue des membres de la communauté, ce qui augmente la difficulté de former des communautés vivantes. Souvent les activités en paroisse se limitent à la liturgie célébrée sans beaucoup de participation active. La plupart des interrogés affirment être peu aidés ou pas du tout, au niveau de leur foi, par la paroisse. La paroisse donne peu, mais exige beaucoup de la part des fidèles, lui reproche-t-on. La collaboration qu’elle demande exige trop de temps et représente par conséquent un engagement démesuré. Derrière ces remarques, et en relation avec elles, se cache la question craintive ou résignée, si la paroisse a un avenir. La question de la survie des paroisses à la campagne se pose de façon beaucoup plus pressante encore, à cause du manque de prêtres. Une vie paroissiale limitée au contact des seuls paroissiens empêche l’épanouissement, l’ouverture. Dans beaucoup de paroisses, les conseils paroissiaux responsables des activités sont en train de végéter, dans d’autres on n’en élit pas. Les associations et mouvements semblent peu présents, ce qui amène à penser qu’ils ne jouent plus de rôle dans l’Église à Luxembourg. L’église en tant qu’édifice n’est pas toujours propice à la rencontre ni à la communication. b) Expériences positives La vie des paroisses est de qualité très variable ce qui amène des appréciations variées. Dans les paroisses actives, le paroissien trouve ce qui répond à ses attentes : vie communautaire, groupes de prière, groupes bibliques, groupes de discussion, mouvements. Il est évident que de telles paroisses peuvent être d’un grand secours à tous égards. Les conseils paroissiaux y favorisent les activités et lancent des initiatives caritatives et sociales. La création de petites communautés chrétiennes suscite beaucoup d’espoir. Les expériences qu’on y fait sont positives : on s’y sent à l’abri, on peut y échanger, fortifier sa foi. On est généralement d’avis que la foi naît et vit de la rencontre en profondeur, qu’en fin de compte, la paroisse devrait être une communauté de communautés. Le désir de célébrations en commun est l’expression du désir d’une communion plus grande : par célébration on entend aussi bien les fêtes de l’année liturgique et du contexte diocésain que les fêtes sur le plan local, qui rassemblent les gens et leur confèrent le sentiment de faire partie d’un tout, ou qui fortifient ce sentiment. c) Informations complémentaires La paroisse est la structure qui facilite l’organisation d’activités pastorales en même temps qu’elle est le lieu de la vie spirituelle et de la vie de la foi. Souvent, l’on ne tient compte que de ses activités liturgiques, oubliant qu’elle est aussi responsable de la transmission de la foi et de la pratique des croyants (témoignage et diaconie), ce qui est le cas dans les paroisses vivantes. La présence de chrétiens parlant une langue étrangère est plutôt rare dans les paroisses; par manque d’accueil ou à la suite des barrières linguistiques, on ne le sait. Les mouvements et associations font peu parler d’eux, actuellement. Ils continuent cependant à assurer une formation non négligeable et favorisent l’engagement. d) Perspectives Dans notre société multiculturelle, la proximité d’hommes de langues différentes n’est plus l’exception. Ces hommes vivent dans nos cités et nos campagnes, à côté de nous, plus rarement avec nous.
Vu le manque de prêtres, beaucoup de communautés devront se passer de leur présence et souhaitent y être préparées
Le désir de petites communautés vivantes est très répandu.
3.5 Ministères a) Préoccupations Les structures sont généralement des cadres qui facilitent l’action. Dans ce contexte précis, il est question des structures du diocèse, de la hiérarchie, des institutions ecclésiastiques. Souvent on critique qu’il y ait trop de structures, trop de hiérarchie. La hiérarchie, selon l’avis de beaucoup, serait éloignée du peuple, dure et obstinée, peu disposée aux réformes, au dialogue et aux contacts avec la base. On aimerait que la hiérarchie réagisse davantage aux questions d’actualité débattues en public. L’évêché et le chapitre de la cathédrale, la hiérarchie et les conseils sont largement inconnus, donc un peu mystérieux; les ressorts sont difficiles à définir : à qui s’adresser dans un cas précis ? Il serait indiqué d’y remédier en créant une organisation plus sobre, plus transparente. Les attitudes à l’égard du pape sont partagées : on s’en prend à ses voyages, à son infaillibilité, à ses enseignements relatifs à la contraception. Mais les réactions qui le concernent sont peu nombreuses. Quant à l’évêque, on le voudrait proche des hommes; on souhaite de sa part des visites impromptues dans les paroisses et les communautés et on désire qu’il représente par sa personne la simplicité de l’Église à l’écoute et au service. Le clergé apparaît divisé; le fossé se creuse entre le clergé et les jeunes. La convoitise cléricale du pouvoir n’a pas disparu; les prêtres sont débordés, donc souvent de mauvaise humeur; ils ont besoin de formation permanente, d’accompagnement spirituel. Beaucoup sont peu disposés à collaborer avec les laïcs ou avec d’autres prêtres. Ils devraient être plus pasteurs qu’organisateurs. Leur style de vie est contaminé par le monde, voilà pourquoi ils sont peu crédibles. Il faudrait qu’ils puissent être identifiés comme prêtres par leur apparence extérieure. Voilà les reproches qu’on leur adresse, entre autres. La position des diacres n’est pas suffisamment claire dans l’Église. Certains souhaitent le diaconat des femmes. Les critiques exprimées concernent et des choses essentielles et des questions de détail; mais comme elles proviennent d’un grand nombre, elles sont à prendre au sérieux. b) Expériences positives Beaucoup considèrent le pape Jean-Paul II comme le défenseur courageux de la foi, de l’Église et de la dignité de l’homme et n’admettent pas de critique ni de parti pris à son sujet. Nombreux sont ceux qui font l’éloge de l’évêque, des prêtres et des diacres, des religieux, des assistants pastoraux et leur expriment leur reconnaissance. On souhaite que les prêtres, les collaborateurs à plein temps et les membres des ordres religieux donnent un témoignage d’authenticité. c) Informations complémentaires La question des ministères dans l’Église est intimement liée à la manière de comprendre l’Église. Toutes les formes de dialogue et d’échange peuvent contribuer à l’enracinement de tous dans la communion fondée sur le baptême et la confirmation et à une attention accrue aux talents, aux charismes et services particuliers. Il est souvent difficile de discerner les devoirs particuliers de ceux qui sont au service de l’Église et de leur assigner tel ou tel ressort. Les activités des conseils qui assistent l’évêque ne sont pas toujours perçus par le grand public. S’ils faisaient plus de publicité, il y aurait moins de mystère autour d’eux et ils deviendraient plus transparents et seraient mieux acceptés. Dans l’Église, il y a des tas d’obligations qui pèsent sur les responsables, qui les écrasent même. Mais ces obligations doivent être remplies, même si elles ne sont visibles qu’en partie. Si l’Église au Luxembourg ne veut pas être isolée des pays voisins, ses représentants doivent entretenir des relations avec eux. La critique adressée à des personnes est toujours délicate en ce sens que chacun, à un moment donné, peut être l’objet d’une critique. Il faut aussi tenir compte du fait que le Luxembourgeois est plutôt avare de louanges. d) Perspectives Beaucoup de pasteurs et de collaborateurs prennent le temps pour écouter, ont les compétences requises pour diriger leurs communautés, pour annoncer l’Évangile et pour offrir un accompagnement spirituel à ceux qui leur sont confiés.
Les responsables ont besoin de la reconnaissance et de l’encouragement de leur communauté. Le respect, l’estime, la bonté sont un appui nécessaire au service, les communautés doivent en être conscientes.
3.6 Être chrétien aujourd’hui a) Préoccupations Dans beaucoup de réponses, on insiste sur l’importance des manifestations populaires de piété, telles que pèlerinages, processions etc. Chez nous, il faudra veiller à conserver l’Octave et à entretenir la vénération de la Vierge et de saint Willibrord. Beaucoup critiquent les innovations liturgiques trop rapides et trop radicales et ne souhaitent pas que le Latin disparaisse complètement comme langue liturgique. On déplore le fossé qui souvent sépare vie et foi. Il faudra former les consciences, beaucoup de pratiquants n’étant pas meilleurs que ceux qui ne pratiquent pas, au dire de certains. On constate l’absence de désir de réconciliation, absence nuisible à la crédibilité du témoignage. Si l’on insiste sur l’importance de l’engagement, on remarque qu’un nombre plus restreint de personnes engagées doit assumer plus de charges. Les résolutions de s’engager sont plutôt molles et sans conséquence. Le fait que les croyants ne sont pas suffisamment sollicités ou qu’on refuse la collaboration qu’ils offrent est source de mécontentement. b) Expériences positives Dans les réponses, les expériences positives sont plus ou moins mêlées aux désirs d’un chacun concernant l’Église. On souhaite que l’Église donne corps à l’amour du prochain et fasse preuve de tolérance à l’intérieur comme à l’extérieur; et qu’elle se distingue par la solidarité avec les pauvres, proches ou lointains. Le témoignage est considéré comme très important, qu’on se sente apte au témoignage ou non. C’est grâce à l’authenticité du témoignage que se transmet la foi. Honnêteté, humour, joie, modestie, engagement, crédibilité sont pour beaucoup les vertus essentielles d’une Église vivante, dynamique et missionnaire à notre époque. Les relations des chrétiens entre eux doivent être empreintes de tolérance, de joie, de miséricorde, bref, c’est le désir de réconciliation qui doit prévaloir. On se retrouve autour de la bible pour la lire et l’étudier, pour méditer et partager; et on y puise la force nécessaire à une vie chrétienne. L’engagement qui est la conséquence d’une vie chrétienne a des formes multiples et variées : dans le domaine social, dans les différents domaines de l’Église, etc. c) Informations complémentaires Il semble important de souligner les bases, soient-elles communautaires ou individuelles, sur lesquelles la vie chrétienne peut se développer aujourd’hui. Dans quelles sources les chrétiens puisent-ils la force d’affronter les défis de la vie et de leur engagement ? On mentionne la prière, la méditation, la formation de la foi, l’échange, le partage biblique dans une communauté qui accompagne et qui fortifie. Être chrétien, est-ce que cela ne signifie pas avant tout vivre à la suite de Jésus, dans la confiance au Père, avec la force de l’Esprit-Saint ? d) Perspectives Il s’agit de découvrir et de promouvoir les dons et les talents qui existent en abondance. Le bénévolat doit être reconnu dans l’Église, et par l’Église dans la société. Les laïcs, en tant que baptisés, collaborent partout à l’oeuvre de Dieu.
3.7 Domaines conflictuels a) Préoccupations Les femmes : on exige, pour elles, plus de participation aux décisions et plus de reconnaissance, des droits égaux à tous les niveaux, l’admission au diaconat et au sacerdoce. Nombreux sont ceux qui pensent que la position des femmes dans l’Église les rabaisse et les relègue dans des fonctions de service. Les divorcés-remariés : la manière dont l’Église les traite n’est pas comprise, et leur exclusion des sacrements équivaut pour beaucoup à une exclusion de l’Église. L’Église paraît impitoyable et semble même adopter une attitude différente à l’égard de prêtres laïcisés. Le célibat : même si la valeur du célibat n’est pas contestée, le célibat ne devrait plus être obligatoire, vu le manque de prêtres, et des hommes mariés devraient pouvoir être ordonnés. Une nouvelle réglementation de l’admission au sacerdoce devrait être possible, puisqu’il s’agit d’une loi de l’Église. Ce sont seulement l’obstination et l’entêtement de la hiérarchie qui semblent s’y opposer. La solitude des prêtres est un autre argument pour l’abolition du célibat obligatoire. La morale sexuelle de l’Église : elle est incompréhensible, inflexible, conservatrice, dure. L’Église devrait prôner des valeurs, comme l’amour et la fidélité, au lieu de prononcer des interdits. Selon d’autres nous avons, quant à la morale tout court, besoin de normes claires. On sent, dans les réactions, qu’il y va de la conscience personnelle : si les prescriptions morales sont trop sévères, l’homme risque de les refuser dans leur totalité et de ne plus les admettre comme normes de sa conduite. b) Expériences positives L’inquiétude exprimée au sujet des domaines conflictuels n’occulte pas tout à fait une note positive. On ne méconnaît pas la valeur du célibat obligatoire. Dans le domaine de la morale, on critique avant tout la morale sexuelle de l’Église, sans pour autant trouver à redire à son idéal moral relatif à l’éducation, ni à son influence jugée positive sur les principes qui règlent la vie en société. c) Informations complémentaires Les critiques dans les domaines mentionnés ci-dessus sont unilatérales, peu nuancées. On ne réfléchit guère sur la solution des problèmes. En ce qui concerne les femmes, on semble oublier que, depuis des années, un grand nombre de femmes sont actives à plein temps dans divers domaines de l’Église. L’Église a pris position à propos de la protection de la vie humaine et dans le domaine social, et ses prises de position ne sont pas passées inaperçues, cela mérite d’être reconnu. La pastorale devra chercher des voies nouvelles pour les relations avec les divorcés-remariés. Il ne faut pas oublier non plus les prises de position de l’Église du Luxembourg à propos de la régulation des naissances, du mariage et de la famille, du sida, des divorcés-remariés, et cela avec un souci pastoral évident. Enfin, le souci constant du magistère et du pape actuel en particulier, c’est le respect de la dignité humaine dans toutes les situations. C’est à partir de ce souci qu’il faut comprendre les interventions isolées. d) Perspectives En face des problèmes qui viennent d’être exposés, les responsables ont le devoir d’établir une hiérarchie des valeurs et de ne pas perdre de vue la loi de la gradualité. Ils devraient employer tous les moyens de communication possibles pour faire comprendre le noyau des messages et joindre un commentaire pastoral à toutes les prises de position du magistère. Ils feront bien de s’appuyer, sans pour autant escamoter quoi que ce soit du message chrétien, sur les valeurs qui correspondent à la conscience morale de l’homme d’aujourd’hui. C’est là pour l’Église la seule manière de promouvoir et de sauvegarder des valeurs authentiques dans une société pluraliste. Voici quelques réflexions relatives aux problèmes mentionnés ci-dessus : Les femmes accomplissent de nombreuses tâches dans l’Église, leur service est irremplaçable.
La position des divorcés remariés est ressentie douloureusement comme une mise à l’écart.
Notre société continue à accorder une grande importance aux principes moraux, à la morale tout court.
Le célibat obligatoire rencontre l’incompréhension.
Point n’est besoin d’abdiquer en face de ces problèmes difficiles. Ils doivent être considérés comme une chance et un défi. Dieu ne manquera pas d’accompagner son Église dans sa recherche de voies nouvelles, face au changement de valeurs et de situations. Afin que son Esprit prenne corps dans l’Église, il faut être attentif aux signes des temps. Les débats laborieux et les procès douloureux à l’intérieur de l’Église sont nécessaires à la clarification et à la naissance d’idées nouvelles. 4. Accents pour le renouvellementIl se peut que la lecture du rapport sur les réactions suscitées par l’initiative « Église 2005 » nous laisse déroutés, désemparés. Les voix sont multiples, le contenu des réponses souvent contradictoire, les contours de l’Église de l’avenir plutôt flous. Peut-être sommes-nous semblables à l’aveugle, dont nous parle l’Évangile de Marc. Après que Jésus lui avait imposé les mains une première fois, il pouvait voir, mais de façon indistincte. C’est seulement après une deuxième intervention du Seigneur qu’il est guéri et qu’il perçoit tout distinctement. Ainsi nous avons besoin de la lumière d’en haut pour interpréter correctement les « signes des temps » et pour distinguer le chemin qui mène l’Église vers l’avenir. Tout particulièrement en cette année consacrée à l’Esprit-Saint, nous ne devons pas nous lasser de prier pour obtenir la lumière de la sagesse et de la vérité. Mais cela ne dispense pas du devoir d’examiner, avec un regard clair et purifié, la multitude de critiques et de propositions et de retenir celles qui sont porteuses d’avenir, qui ouvrent des perspectives nouvelles et qui permettent d’établir des priorités. « Examinez tout avec discernement : retenez ce qui est bon » (1 Th 5,21). Voilà la tâche, difficile certes, mais également gratifiante, de la prochaine étape commune de l’initiative pastorale « Église 2005 » qui commence maintenant. Dans ce qui suit, nous allons indiquer à cet effet quelques orientations et accents qui résultent de la multiplicité des réactions. 4.1 Vision d’une Église renouvelée Dans les réactions, il y a des constantes qui définissent l’image de l’Église de l’avenir. Même si elles tiennent du désir et du rêve, de l’attente et de l’espoir, elles sont porteuses d’une force qui permet de libérer des énergies et de l’imagination. L’Église de l’avenir devra être : a) une Église qui écoute et qui prie, qui s’oriente à partir de son Maître et Seigneur Jésus-Christ. Comme lui, elle aura besoin de lieux et de moments de recueillement, pour connaître la volonté du Père et lui rester fidèle. Comme Jésus, s’isolantsur la montagne pour prier, l’Église écoutera la Parole avant de l’annoncer, elle priera avant d’agir, elle se convertira avant d’inviter à la conversion. La loi qui dit que personne ne peut donner ce qu’il n’a pas, servira de mesure de crédibilité et d’authenticité à l’Église. La concentration sur ce qui est central sera à l’avenir le critère décisif : si Jésus n’est pas au centre, les actions et les discours de l’Église, quelque bien intentionnés qu’ils soient, se perdrontparmi les mille offres dutemps présent. b) une Église ouverte et amie des hommes, quitient compte des questions, des misères et des problèmes des hommes et de la société, qui partage « la joie et l’espoir, la tristesse et l’angoisse »deshommes et essaye avec eux de trouver des réponses, des solutions, des orientations. L’Église ouverte est avant tout une Église accueillante qui va au-devant des hommes et qui, dans sa grande maison, offre un domicile à tous, aux petits, aux faibles, aux exclus, aux imparfaits en particulier. L’Église ouverte vers l’intérieur n’exclura personne ni aucune question; elle montrera une multitude de chemins et d’espaces permettant d’être Église, ensemble dans le monde, afin de transmettre l’offre d’amour de Dieu. La miséricorde, la bonté et l’amour des hommes seront les caractéristiques d’une Église qui remplira son rôle évangélisateur par le témoignage qu’elle donne plutôt que par ses discours. c) une Église qui recherche le dialogue, la communion et la fraternité, qui, consciente de sa mission divine, ne néglige pas pour autant ses dimensions terrestres; c’est une Église qui n’ignore pas les chemins pénibles et les détours des hommes, ni la difficulté et la lenteur des relations humaines; elle aspire, sans équivoque, à la communion : dans le débat, dans la recherche, dans la vie; elle se propose de faire route avec l’homme, ensemble avec lui. Dans l’Église il n’y a que des frères et des sœurs, il n’y a pas de supérieurs ni d’inférieurs, et le plus grand, c’est celui qui sera davantage serviteur. L’existence chrétienne est basée sur le service, et la communion naît de ce même service. L’Église reste fidèle à sa mission en étant sacrement, c’est-à-dire signe et instrument de la relation intime avec Dieu et de la communion entre les hommes (Lumen gentium 1) : si l’Église a le courage de ses limites, si, consciente d’être en route, elle a le courage de se préoccuper de ceux qui avancent avec lenteur, elle deviendra authentique et rendra crédible la Bonne Nouvelle de la miséricorde de Dieu et de son amour pour les hommes. d) une Église missionnaire qui, dans sa totalité comme dans chacun de ses membres, se considère comme envoyée de Dieu. Le lieu de l’Église, ce ne sont ni ses édifices, ses centres paroissiaux ou ses bureaux, ce sont les croisements et les rues où se rencontrent les hommes, ce sont les lieux où vivent et travaillent les hommes, c’est le monde tout court. S’il est important que les fidèles se rassemblent, il est tout aussi important qu’ils aillent dans le monde, au milieu des hommes. Tout croyant est témoin et missionnaire, il vit sa foi, et par sa vie il rend témoignage de l’Évangile auprès de ceux qui vivent et travaillent avec lui. L’Église ne se cache pas, mais vit du rythme de sa propre vie qui est celui du recueillement et de l’envoi. e) une Église servante et humble qui, selon l’exemple de son maître, s’identifie aux plus petits et aux plus faibles; l’Église et ses membres ne connaissent de rivalité que celle de l’amour, ils ne disent ni ne font rien qui puisse embarrasser les pauvres en leur milieu (cf. Jc 2,1-13). Le luxe et la richesse n’ont pas de place dans l’Église, ce qui ne signifie pas qu’il ne soit pas permis de rechercher partout la beauté. Le service et la simplicité seront à l’avenir les signes distinctifs de tous les chrétiens, y compris des responsables, signes qui seront visibles jusque dans le style de vie quotidien. Le service fraternel de l’encouragement mutuel et de la correction fraternelle et réciproque est une expression de la simplicité au service de l’Évangile. 4.2 Réalisations, accents, déficits Les perspectives sont des lignes directrices pour la manière d’agir au quotidien. Il s’agit de voir les différents domaines de la vie et de l’engagement de l’Église à la lumière des accents cités ci-dessous pour en dégager des possibilités de renouvellement et de changement.
En donnant à ses célébrations des formes multiples, en les dotant de symboles, de rites, de gestes et de chants capables de toucher, la liturgie de l’Église aura dorénavant plus de chances de rejoindre les hommes dans leur situation de foi respective ( une Église qui écoute, qui prie, qui accueille).
Si la religion ne veut pas être reléguée davantage dans le domaine privé, si la foi ne doit pas devenir une affaire subjective, personnelle et affective, il faudra oser une présence plus grande dans la société, chercher des voies de transmission nouvelles entre les attentes et les besoins de la société, d’une part, et l’annonce de la foi, de l’autre ( Église ouverte, prête au dialogue).
Vu ces résultats, les questions suivantes se posent au cours de la troisième étape de l’initiative pastorale « Église 2005 » : a) Quels sont les accents et les priorités nécessaires pour faire démarrer le renouvellement et le changement de l’Église dans la direction des visées telles qu’elles ont été définies ? Quels sont les pas concrets qui peuvent et doivent être faits ? b) Fixer des priorités, cela signifie aussi désigner ce qui à l’avenir ne sera plus prioritaire, ce à quoi l’Église devra renoncer. Où l’Église doit-elle pratiquer des réductions ? c) Lorsqu’on se propose un but, il faut s’efforcer de connaître les forces et les moyens dont on dispose pour l’atteindre. Quelles personnes et quelles forces, quels moyens (locaux, finances, infrastructures) sont à la disposition ? seront dorénavant à la disposition ? Quel sera le déroulement dans le temps des démarches à entreprendre pour réaliser les priorités pastorales ? d) La communauté à laquelle nous appartenons est l’affaire d’un chacun. S’il y a des changements à l’avenir, chaque communauté, chaque fidèle individuel doit se sentir concerné. Comment entendez-vous contribuer personnellement et en tant que communauté (paroisse, association, groupe, congrégation) au renouvellement de l’Église au Luxembourg ? Des propositions pour traiter des perspectives et de leur réalisation sont jointes au présent bilan (mode d’emploi). Pour terminer, nous voulons remercier encore une fois tous ceux qui ont participé aux étapes passées de l’initiative pastorale « Église 2005 » et qui, par leurs réactions critiques et constructives ont contribué à mettre en route le renouvellement de l’Église au Luxembourg. Et nous voulons remercier dès à présent tous ceux qui collaboreront aux étapes suivantes, afin que l’Église au Luxembourg écoute et fasse « ce que l’Esprit dit aux Églises ». Étapes suivantes :
Participation à la démarche « Eglise 2005 »Données statistiques Nombre total de participants : 692 Personnes individuelles
Sexe :
Couple : 18 (= 3,1 %)
Âge :
Une dame de 93 ans était la personne la plus âgée ayant participé. Les plus jeunes avaient 11 ans. Groupes divers
Répartition des conseils paroissiaux par région pastorale :
Répartition des conseils paroissiaux par doyenné (par ordre alphabétique) :
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