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Eglise 2005 / Kirche 2005
Les six thèmes fondamentaux
Avenir de la FoiLe processus d’enquête de l’initiative pastorale « Église 2005 » a révélé, qu e l’avenir de la foi est un souci majeur des chrétiens de l’Église à Luxembourg. Ce souci concerne plus précisément trois secteurs de la vie d’Église qui touchent et les personnes et les communautés. D’aucuns se demandent avec angoisse comment la foi pourra être transmise à la génération suivante. En effet, cette transmission ne se fait plus sans difficultés. Le danger est latent : l’avenir de l’Église se jouera essentiellement au niveau du défi de l’évangélisation : est-ce que les communautés sauront relever ce défi ? En connexion étroite avec cette question, une autre non moins directe se pose : comment les communautés locales pourront-elles vivre et survivre ? Les faits sont là : les membres des communautés vieillissent, les ressources spirituelles diminuent, les jeunes sont cruellement absents. Une restructuration et un regroupement des paroisses et des communautés chrétiennes semblent inévitables - elles exigeront des changements d’attitude et d’opinion. Et pourtant, tout cela ne répondra peut-être pas à la question pressante : comment pourrons-nous être ici à Luxembourg Église vivante ? Le manque de prêtres, de collaboratrices et de collaborateurs pastoraux, de chrétiens engagés peut mettre en sourdine aux perspectives d’avenir trop optimistes. Les vocations sacerdotales, religieuses et ecclésiales en général sont comme le baromètre de la situation dans les communautés et la vitalité de la foi de leurs membres. La pastorale des vocations sera par conséquent toujours partie intégrante d’une pastorale qui est au service des communautés et y rend vivantes les dimensions essentielles de l’annonce de la Parole, de la liturgie et du service fraternel. La responsabilité commune que portent les prêtres et les laïcs, les collaborateurs engagés à plein temps et les bénévoles est une composante importante du climat général dans les communautés propice à l’éclosion et le développement de vocations d’Église. DiaconieDans la parabole du bon samaritain (Luc 10) Jésus nous invite à changer de perspective en approchant le pauvre : non pas la question « qui est mon prochain ? » est primordiale, mais bien la question « Qui s’est montré le prochain de celui qui a été agressé par les malfaiteurs ? ». Ainsi la question vraiment capitale au sujet de la vraie charité concerne non pas la personne qui aime, mais bien celle qui a besoin de l’amour d’autrui. Diaconie et Caritas ne sont pas simplement des conséquences de la foi, mais bien le lieu, où la foi est vécue. Le service fraternel est une dimension essentielle de l’Église et de toute communauté chrétienne. Ce service se réalise moins dans une attitude de soutien et de don, mais bien plutôt dans une communion avec ceux qui sont dans le besoin; en effet, les pauvres ne sont pas seulement les objets de notre sollicitude, mais ils sont eux aussi sujets de la vie d’Église et membres actifs de la communauté. La dimension diconale de l’Église signifie donc aussi, que toute communauté doit s’ouvrir aux pauvres et apprendre avec eux à écouter la Parole de Dieu. Les conséquences, qui en découlent, affectent et cette dimension essentielle de l’Église et de toutes les communautés chrétiennes, et la relation interactive entre le travail professionnel que fait la Caritas et les différentes initiatives au niveau paroissial. L’Église doit se prononcer sans équivoque, dans ses paroles et dans ses actes, pour les pauvres de notre temps et devenir de plus en plus l’Église des « pauvres de Dieu ». Église dans le mondeC’est un fait que les milieux catholiques traditionnels se dissolvent progressivement et que le christianisme perd en influence au niveau d’une société ne se considérant pas liée à son égard. Ainsi l’église se voit de plus en plus face à une réalité pluraliste ne se limitant pas à la religion ou la confession. Le pluralisme est devenu une vaste réalité touchant la diversité des forces sociales et politiques aussi bien que les interprétations de ce que nous considérons comme la conception de la « vie » ou l’organisation de la vie (les formes du mariage et de la famille p.ex.). Suite à ces faits, l’Église est obligée de retrouver et de redéfinir son point de départ et sa fonction. Il faut trouver de nouvelles voies de transmission. Ce faisant, elle doit être consciente du danger de réduire son influence au domaine exclusivement privé : les situations extrêmes de l’individu, la souffrance et la maladie, enfin les carrefours décisifs des biographies humaines. Dans ce sens exclusif cependant, l’Église ne suffira pas pleinement à sa mission publique et elle s’exposera au danger de devenir une entreprise de service pour les questions ultimes et l’embellissement de certains moments importants dans la vie. Par définition, la religion et l’Église exigent un regard sur le tout; elles réclament des orientations fondamentales pour tous les domaines. Aussi devra-t-on trouver une réponse à cette question primordiale : Comment réaliser dans ces conditions sociales de façon authentique la substance unique de la foi chrétienne ? Pour réussir sa mission, l’Église doit éviter le piège de se retirer dans la petite chambre privée, elle a besoin d’espace libre dans la société. Là où elle se trouve, qu’on lui prête oreille ou non, elle doit pouvoir témoigner publiquement de la vérité de Dieu. Ainsi ce sera encore et toujours son devoir de rappeler les limites du pluralisme quand il s’agit de l’indisponibilité de la vie humaine. De même là où ce sera nécessaire - ensemble avec d’autres forces dans la société bien entendu - elle se fera l’avocat des « valeurs fondamentales ». Jeunes et ÉgliseDes sondages récents font état de jeunes « désorientés mais non désespérés », affectés par un relativisme éthique mais néanmoins désireux d’une vie orientée sur des valeurs. Les jeunes seraient ainsi à la quête d’un « salut », sans trop savoir où le chercher. Ils vivent dans une société qui reste en partie neutre devant les options éthiques, et leurs parents ne leur sont plus guère modèles et exemples. Les conditions pour un travail pastoral avec les jeunes deviennent de plus en plus difficiles : ceci vaut autant pour les paroisses que pour les mouvements et groupes de jeunes. Bon nombre d’énoncés de la foi et de la morale ne rencontrent que incompréhension et rejet de la part des jeunes; cette attitude plutôt négative, combinée avec les exigences scolaires de plus en plus pressantes et les offres très vastes de loisirs sont les raisons majeures pour l’absence des jeunes dans la vie de l’Église. L’Église a besoin d’une pastorale des jeunes, qui accompagne les jeunes gens dans cette phase de leur vie, leur propose des lieux de rencontre avec des personnes pouvant leur servir de référence et de modèle, ouvre et rend possible le dialogue et l’échange sur la foi, prépare et célèbre des liturgies adaptées aux attentes et aux besoins des jeunes, favorise la convivialité avec des adultes et avec d’autres jeunes et propose aide et accompagnement dans la recherche de sens de la vie. Dans cette pastorale des jeunes les nouvelles formes de l’annonce de l’évangile devront rejoindre le langage des jeunes et leur proposer des réponses à leurs questions pressantes. LiturgieLa liturgie de l’église s’est développée au cours des siècles. Elle contient des éléments immuables parce que d’origine divine et des éléments changeant avec le temps, les lieux et les cultures sont autant de composantes de la liturgie qui est célébration de communauté. Le Concile Vatican II a donné des impulsions importantes pour adapter la liturgie au mieux aux situations diverses et diversifiées des communautés. De nombreuses propositions et directives ont ainsi été mises à jour pour répondre aux besoins et aux sensibilités des hommes et des femmes d’aujourd’hui. La liturgie a essentiellement un caractère de dialogue : toute liturgie des hommes est réponse à la Parole et au Don de Dieu. L’agir de l’Église ne se limite pas à la liturgie. Ensemble avec l’annonce de la Parole et le service de la charité (diaconie) elle fait partie des dimensions essentielles de l’Église et de toutes ses communautés. Toutefois la liturgie, qui se réduit pour beaucoup à la seule messe du dimanche, est souvent perçue comme étant très éloignée des réalités concrètes, plutôt monologue et monotone, peu remplie de joie et de vie. Les célébrations fortement ritualisées et formalisées ne touchent plus les hommes et les femmes dans leurs questionnements existentielles. A l’avenir des célébrations liturgiques adaptées aux diversités des situations et des personnes, intégrant des symboles, des rites, des gestes et des chants attirants et agréables proposeront aux croyants des temps des et des lieux qui répondent à leur situation de foi et de vie. Souci pastoral (Seelsorge)Le désir d’un souci pastoral accru doit être considéré comme l’attente primordiale ressortant du processus d’enquête de l’initiative pastorale « Église 2005 ». Le plein épanouissement personnel de l’individu exige beaucoup plus que la réalisation des besoins vitaux, comme la nourriture ou l’hébergement. Pour son bien-être il nécessite en outre une certaine reconnaissance sociale et un minimum d’affection. Il importe finalement que tout un chacun puisse croire, espérer et aimer - ceci en tenant compte de la dimension religieuse et spirituelle. Au sein d’une société centrée sur la consommation, le matérialisme, la modernisation et la mondialisation on trouve un nombre toujours croissant de perdants. Tous ceux qui, bien que vivant dans un milieu riche et bien organisé, courent le danger de devenir inutiles et refoulés en marge de la société. Pensons seulement aux personnes âgées, aux malades, aux handicapés. Pensons également à ceux qui, en plein milieu d’une culture vouée à désir d’auto-accomplissement radical, se retrouvent désorientés et déracinés - ceux qui subissent un échec familial, qui se sentent seuls ou vivent des situations précaires. Mis à l’écart parfois aussi dans la communauté chrétienne par la réalité et les conséquences de l’enseignement doctrinal de l’Église. L’action pastorale de l’Église doit devenir plus proche de l’homme. Une prise en considération ainsi qu’une perception accrues des joies, des espérances, de la tristesse et de l’angoisse de la personne individuelle doit être au cœur du souci de l’Église. L’accompagnement religieux et spirituel, l’aide dans les multiples situations difficiles de la vie sont les tâches essentielles qui incombent à l’activité pastorale et méritent une attention particulière dans la répartition des tâches et obligations futures dans l’Église. Le souci pastoral aura donc pour cela une place privilégiée et une priorité inconditionnelle dans les attributions des agents pastoraux.
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