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Mon passage préféré de la Bible / Mein liebstes Bibelwort
Bienheureux ceux qui travaillent pour la paix, ils sont appelés fils de Dieu.
Matthieu 5,9

Parmi les « huit paroles » que Jésus de Nazareth a prononcées à mi-flanc d’une montagne, au mois de juin de l’an 28, il y en a une dont la promesse audacieuse m’a particulièrement ému ; qui en plus est d’une brûlante actualité.

Quand la paix disparaît, une sorte de malaise nous envahit.

D’âge en âge, les historiens s’extasient devant la disparité de la cause à effet ; un coup d’éventail, un sourcil froncé - un million de morts.

Les médias nous assurent que le monde a connu la paix pendant une période de presque 60 ans. De quelle paix parlent-ils ? Car pas un mois, pas une semaine, pas un jour où, au XXe siècle, la paix a véritablement régné sur le monde. Ensuite, le silence des armes, ce n’est pas encore la paix.

Est-ce la paix, lorsque chaque semaine 250 000 enfants en-dessous de cinq ans meurent de faim et de maladies curables ? Est-ce la paix, lorsque 300 millions d’enfants de trois à 14 ans (source : Unicef) subissent le sort d’enfants esclaves qui vivent un enfer quotidien ? Est-ce la paix, lorsque chaque soir, deux milliards d’êtres humains ne mangent pas à leur suffisance ; quand un milliard de gens souffrent, parce qu’ils n’ont jamais vu un médecin ; et lorsqu’un autre milliard de personnes ne savent ni lire ni écrire ; c’est-à-dire lorsqu’un monde hurle et se désespère ?

Non, il n’y a pas de paix sans partage et sans justice. Car le fruit de la justice, c’est la paix.

Se croire passionné de paix quand on ne l’est point de justice, quand on ne lutte pas à bras le corps les gaspillages et les privilèges insultants, contre l’oppression et contre la corruption et contre la pauvreté, le taudis et l’arbitraire, c’est de l’hypocrisie.

Je suis convaincu qu’une oeuvre humanitaire contribue à cette paix dont parlent les Béatitudes. C’est pourquoi, j’essaye de m’y engager à fond.

Raoul Follereau nous mettait en garde : « Demain, coeurs avides et coeurs secs, si vous voulez la paix, si vous voulez survivre, vous serez condamnés à plus de justice et de fraternité, à plus de solidarité et de partage.

 
Jos HILGER
Président de la Fondation luxembourgeoise Raoul Follereau
 
 
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