Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances ils feront des serpes.
L’accomplissement de la vision d’Isaïe, le temps où les nations changeront leurs épées en charrues et leurs lances en serpettes et n’apprendront plus à se faire la guerre, reste pour moi un passage clé de la Bible, et ce non seulement en raison de l’état critique dans lequel se trouvent les affaires du monde.
L’acceptation universelle de ce principe - avec ses implications de justice sociale et économique, de prises de décision exemptes d’hostilités, de paix et de sécurité collective, de respect pour son prochain - se retrouve également dans la prière universelle des chrétiens qui, depuis des siècles, récitent le Notre Père, en appelant la venue du Règne de Dieu, accomplissement de la Paix universelle.
Cette aspiration profondément humaine, qui trouve son expression dans toutes les traditions religieuses et dont la valeur est également évidente pour un non-croyant, devrait servir d’exemple et d’orientation, non seulement dans l’appréciation des actions individuelles ou à l’intérieur de nos sociétés, mais également dans les relations entre nations et peuples, pour garantir enfin le progrès de l’humanité dans son ensemble.
L’amour, la compassion, la patience, l’honneur, l’humilité, la volonté de servir le bien-être de tous, deviennent alors les qualités de citoyens éclairés, capables de construire le nouvel ordre des choses qui n’est autre que la Grande Paix à laquelle ont profondément aspiré les gens de bonne volonté et de toutes les obédiences au fil des siècles.