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Hierdebréiwer & Messagen . Lettres pastorales & messages  
30 avril 2015

Ensemble responsables de l’avenir de notre pays et de notre société

Parole de l’Archevêque de Luxembourg Jean-Claude Hollerich

Dans sa « Parole de l’archevêque de Luxembourg » intitulée « Ensemble responsables de l’avenir de notre pays et de notre société », Mgr Jean-Claude Hollerich se réjouit que l’on cherche à faire participer les résidents non-luxembourgeois davantage à la vie politique luxembourgeoise ; en tant que chef du culte, il ne se prononce cependant pas sur la façon concrète de le faire. En effet, il est d’avis que les résidents non-luxembourgeois contribuent de façon significative à la vie économique, sociale, culturelle et religieuse de notre pays et qu’ils devraient donc aussi être impliqués davantage dans la vie politique. Il relève également la belle participation des catholiques non-luxembourgeois à la vie de l’Église.

La population de notre pays a très fortement évolué depuis quelques décennies : aujourd’hui 46 % des résidents n’ont pas la nationalité luxembourgeoise. Ce chiffre est de fait très élevé et il faut en prendre pleinement conscience. Toutes ces personnes font partie de notre société, de sa vie, de la richesse, la beauté, la diversité de notre pays !

Nombreux sont ceux originaires d’Europe ; d’autres arrivent de continents lointains. Sans nos immigrants, le Luxembourg ne pourrait ni vivre ni survivre : les résidents non-luxembourgeois contribuent activement à faire de notre pays ce qu’il est aujourd’hui et à construire un avenir pour les générations futures !

Or cette grande partie de notre population n’est pas vraiment intégrée dans la vie politique du Grand-Duché. Il n’est que juste de réfléchir aux moyens de remédier à ce qui constitue un déséquilibre entre leur apport à la construction du pays et leur coresponsabilité politique. Lors du référendum du 7 juin prochain, l’idée est proposée de donner aux résidents non-luxembourgeois le droit de s’inscrire de manière facultative sur les listes électorales pour les élections nationales. D’autres moyens ont été proposés pour les impliquer dans la vie politique, notamment en ce qui concerne la façon d’accéder à la nationalité luxembourgeoise. Il y a d’autres pas à faire pour sensibiliser ces habitants aux questions socio-politiques et les intégrer davantage dans nos organes représentatifs, nos partis politiques etc. L’école joue certainement un rôle fondamental pour éduquer les futurs citoyens ; d’autres initiatives devront être développées pour que ces résidents prennent conscience de leur responsabilité socio-politique.

Le Conseil des catholiques – un organe consultatif dans l’archidiocèse qui travaille de façon autonome – a présenté un document qui réfléchit sur la question. Si je dois me former ma propre opinion en tant que citoyen qui se rendra aux urnes dans deux mois, je ne veux cependant pas me prononcer en tant que chef de culte en faveur de l’une ou l’autre voie à adopter dans un dossier très complexe. Il me tient cependant à cœur de souligner qu’un pays ne doit pas exclure de la vie politique ceux qui contribuent quotidiennement à sa vie économique, sociale, culturelle et religieuse et qui en font pleinement partie. J’aimerais aussi en appeler à tous à s’informer et à s’engager dans le débat public. Une démocratie vit de l’engagement des citoyens !

Enfin, je ne saurais parler de la participation des résidents non-luxembourgeois à la vie politique de notre pays sans m’interroger comme évêque sur la place de ceux qui partagent la foi catholique dans la vie de l’Église. Depuis mon arrivée à Luxembourg, je souligne que les non-Luxembourgeois sont pleinement membres de l’Église du Christ à Luxembourg. Et, de fait, il existe de belles et vivantes communautés catholiques constituées de fidèles dont la majorité n’ont pas la nationalité luxembourgeoise ! Tous ensemble, résidents luxembourgeois et non-luxembourgeois, nous constituons l’Église du Christ car en elle il n’y a pas d’abord des autochtones et étrangers, mais des frères et sœurs. C’est pourquoi nous avons du chemin à parcourir pour nous ouvrir davantage à l’apport de la vie de foi des communautés linguistiques respectives. Éviter toutes sortes de communautarisme constitue un défi pastoral et sociétal qui doit nous préoccuper tous !

Pour conclure, j’aimerais rappeler que le Concile Vatican II [1] a souligné que les chrétiens sont appelés à s’engager dans tous les domaines de la société. L’Église ne leur dit pas quelles opinions politiques professer ni quels partis rejoindre, mais elle nourrit leur spiritualité et les motive à s’engager avec discernement. Elle le fait dans le souci de préserver la cohésion sociale, elle qui croit si fortement dans la dignité de toutes les femmes et de tous les hommes et dans leur responsabilité commune pour l’avenir de notre terre !


[1En ce qui concerne l’engagement des chrétiens dans la vie politique, voir : CONCILE VATICAN II, Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », no 75.

 
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