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Priedegten  
5 mai 2021

Une rencontre inimaginable qui a tout changé

Prédication de Milly Hellers (5 mai 2021)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (20,11-18)

Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.


Chers frères et sœurs,

Le thème d’aujourd’hui est « Une rencontre inimaginable qui a tout changé ».

Beaucoup parmi nous connaissent cette épreuve : la mort d’un être cher. Plus l’amour était profond, plus l’adieu était douloureux. Dans le texte d’évangile d’aujourd’hui nous rencontrons Marie Madeleine, une des premiers disciples de Jésus. Avant d’analyser le texte biblique plus à fond, je me permets une petite parenthèse pour dire un mot concernant Marie Madeleine.

Dans la jeune église et cela jusqu’aujourd’hui, elle fut commentée de 2 manières :

  • Marie Madeleine, une dame assez riche, originaire de Magdala, a accompagné Jésus et ses disciples et les a aidés de ses biens.
  • L’autre aspect : Marie Madeleine, une pècheresse, possédée par des esprits mauvais. Jésus l’a guérie et pour cela elle l’a suivi.

Dans la culture d’alors, dominée par les hommes – aussi bien dans le domaine de la religion que dans la société – c’est surtout cette deuxième version qui fut retenue.

Marie Madeleine, appelée par saint Augustin « apôtre des apôtres » appartenait à un réseau de femmes, qui ont accompagné et soutenu Jésus. Dans l’évangile de saint Luc, au chapitre 8, verset 1-3, nous lisons : « …Jésus faisait route à travers villes et villages […] Les douze étaient avec lui et aussi des femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, dite de Magdala […] et beaucoup d’autres qui les aidaient de leurs biens. » (Luc 8,1-3)

Marie Madeleine faisait partie du petit groupe qui était témoin du crucifiement et de la mort de Jésus en croix. Tôt le matin elle se mit en route vers son tombeau. Quand elle vit la pierre roulée et le tombeau ouvert, elle courut informer Pierre et Jean. Alors eux aussi ont couru vers le tombeau. Ils firent un « constat des lieux », chacun à sa manière, puis ils sont rentrés. Et voilà que Marie Madeleine se retrouve de nouveau seule. Elle pleure. Mais qu’est-elle venue chercher auprès du tombeau ? Des souvenirs ? Le corps mort de Jésus ? Ou voulait-elle simplement pouvoir s’abandonner avec toutes ses émotions auprès de lui… et pleurer ?

Comme elle suivait Jésus, elle l’avait certainement entendu annoncer sa passion, sa mort et sa résurrection à ses disciples ! Mais pour Marie Madeleine, comme pour les disciples, et comme pour nous aujourd’hui – c’étaient des annonces difficiles à comprendre et à croire. Et puis, regardant de plus près, elle voit deux anges assis près du tombeau. Ni leur présence – ni leur question : « pourquoi pleures-tu ? » ne semblent l’étonner. Ses pensées sont ailleurs. À un moment donné, elle se retourne et se trouve en face de quelqu’un. (Aujourd’hui nous savons qui c’est.) Mais elle ne le reconnaît pas. Lui aussi lui pose la question : Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?

Chers frères et sœurs, pourquoi Jésus lui pose-t-il cette question ? Ne connaît-il pas la raison de ses pleurs ? J’ose affirmer : Bien sûr qu’il la sait. Mais Jésus est un excellent pédagogue. Il sait que la douleur doit pouvoir s’extérioriser. Avant qu’on puisse prendre de nouveaux chemins, il faut que ce qui est lourd et douloureux soient digérés et lâchés. Jésus donne à Marie Madeleine l’occasion d’exprimer sa tristesse. Mais c’est seulement quand elle s’entend appelée par son nom, qu’elle peut le reconnaître. Marie… Combien de fois dans le passé l’avait-il appelée ainsi… sur ce ton-là, avec ce regard. Imaginons un peu la situation. Soudain, tout a changé. Elle a reconnu celui qui se tient devant elle.

Des émotions en montagnes russes ! Jésus était mort, elle l’avait bien vu suspendu à la croix, souffrir et mourir. Il a été enterré – après des nuits blanches, pleines d’angoisses, elle vient de bon matin vers le tombeau, pleure à chaudes larmes – et maintenant son ami et maître se tient tout vivant devant elle. Spontanément elle veut le toucher, le retenir. « Ne me retiens pas, mais va, dis à mes frères... »

« Ne me retiens pas… » Elle doit lâcher le passé. Jésus restera toujours dans sa vie, mais bien autrement que dans le passé. « Va, dis à mes frères… » Les apôtres, ces pauvres types, qui avaient laissé Jésus seul, qui l’avaient trahi, et lui, il continue à les appeler – et nous aussi – frères et sœurs. Marie Madeleine s’exécutait. Elle ne pouvait garder pour elle cette expérience. Et après l’apparition de Jésus à ses frères, qui par crainte s’étaient enfermés, – ceux-ci non plus ne pouvaient plus se taire. Leur vie a été complètement chamboulée par cette rencontre. Et s’ils n’avaient pas transmis au monde ce message, qui semblait jadis – tout comme aujourd’hui – invraisemblable, alors nous ne saurions rien de Jésus. Alors posons – nous la question : Si je ne savais rien de Jésus, qu’est-ce que cela changerait dans ma vie ?

Chers frères et sœurs, si Jésus est important pour nous, alors il revient à nous aujourd’hui de transmettre son message. « Va et dis à mes frères et sœurs… », disait-il autrefois, et il le dit aussi à nous aujourd’hui. Mais que pouvons-nous faire, afin que la génération après nous connaisse aussi Jésus ? Cela n’est pas l’affaire d’une seule personne. Pour cela il faut une communauté, une structure, un enthousiasme missionnaire, des vocations. Qu’est-ce que le Ressuscité attend de moi personnellement aujourd’hui ? Quel peut être mon / notre apport ?

Dans un moment de silence nous voulons réfléchir – et demander à Jésus : comment puis-je, comment veux-tu que je transmettre aujourd’hui ta parole ?

Silence, musique méditative

Seuls nous n’y arriverons pas. Sainte Marie, Mère de Dieu, Consolatrice des Affligés, priez pour nous – afin que nous trouvions ensemble un chemin. Amen.

Traduction : LB

 
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