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Orientéierungshëllef fir d’Héichpunkten . Repères des temps forts  

Introduction à la Vigile pascale

Au temple de Jérusalem il fallait traverser des cours successives pour arriver à l’édifice central. Dans celui-ci, le grand prêtre passait du sanctuaire au Saint des saints. Ainsi avons-nous traversé les dimanches du Carême jusqu’au triduum pascal, à l’intérieur duquel nous pénétrons maintenant dans le Saint des saints du mystère pascal. C’est le sommet du sommet.

Nuit bienheureuse que ne saurait concurrencer la nuit de Noël (malgré sa popularité), car celle-ci n’est qu’en vue de celle-là : Christ est venu (à Noël) pour nous libérer (à Pâques). Sans cette nuit, toute la liturgie chrétienne flotte à la dérive : si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est creuse, il n’y a rien dedans (1 Co 15,14) ; mais si le Christ est ressuscité, nous ressuscitons tous avec lui (idem).

Pendant les premières années du christianisme, toutes proches encore de l’événement, la communauté célébrait le Christ pascal chaque lendemain de sabbat, appelé dès lors dies-dominica (di-manche), jour du Seigneur ressuscité. Elle se rassemblait de nuit et veillait jusqu’à l’aube, pensant que le Christ reviendrait comme il était ressuscité, à l’aube d’un dimanche.

Très vite, et peut-être dès la fin du premier siècle (Paul a déjà christianisé la Pâque juive, 1 Co 5,7 sv.), la nuit de Pâques est célébrée avec plus d’éclat (la dispute pour en fixer la date remonte au milieu du 2e siècle). Saint Augustin l’appelle « la mère de toutes les veillées ».Retour ligne automatique
Au neuvième siècle, on voit déjà l’office se célébrer le samedi après-midi. Un changement dans la pratique du jeûne conduisit finalement à décaler l’office au samedi matin avec tous les illogismes possibles (veillée nocturne en plein jour...). Ces contresens ont leur origine dans une lente dissolution du mystère de Jésus en fêtes particulières sans lien profond entre elles.

Ainsi le mystère pascal n’était-il plus compris comme un tout, et l’on célébra les fêtes en « pièces détachées ».

Le décret de Pie XII, du 9 février 1951, restaurant la liturgie antique de la Veillée nocturne, peut être considéré comme l’heureux aboutissement d’un long effort liturgique et le point de départ de la réforme conciliaire renouvelant la liturgie en son entier.

C’est donc une fête de la nuit, une veillée qui, en stricte liturgie, devrait se prolonger jusqu’au petit matin, comme cela s’est longtemps pratiqué. Que, du moins, on n’en vienne plus aux illogismes et à la perte de sens de la Semaine sainte d’avant le concile quand, parce que « c’est plus pratique », on fête une liturgie de la nuit alors qu’il fait encore clair. Invoquer le pratique, le soi-disant bien des fidèles est ici déplacé, car c’est leur rendre un mauvais service que de les obliger à des contresens.

Du point de vue psychologique, il faut aussi choisir une autre heure que celle où se célèbre ordinairement la messe le samedi soir, pour ne pas donner l’air d’une messe du samedi soir un peu plus longue et plus compliquée. Il s’agit de bien marquer le caractère exceptionnel de cette Veillée. Et que l’on prenne son temps ! Ce soir, il ne faut pas être pressé. Expédier cette liturgie en 40 minutes pour courir en bâcler une autre dans le même essoufflement, est-ce encore « la nuit de vrai bonheur » ? Ici, plus qu’ailleurs s’impose une réduction du nombre des offices. Que l’on se rassemble dans une église centrale où les prêtres des environs pourront célébrer une liturgie digne avec une assemblée consistante et un peu d’éclat.

Plan de l’office

L’office a une unité merveilleuse. Tout est Pâque, c’est-à-dire passage : l’assemblée passe de la place devant l’église à l’intérieur du sanctuaire ; les lectures méditent le passage du tohu-bohu à l’ordre créateur, de la mer Rouge à la Terre promise, du cœur de pierre au cœur de chair et, bien sûr, du Christ souffrant au Christ de gloire ; les catéchumènes « passent » les eaux du baptême, enfin nous-mêmes qui renouvelons notre profession de foi, nous voulons passer d’une vie résignée à une vie plus engagée. Le tout dans le passage de la tristesse à la joie pascale, du jeûne au repas eucharistique avec le Ressuscite.

La Veillée se structure comme suit :Retour ligne manuel
- Célébration de la Lumière où, dans le feu et le cierge pascal, s’exprime la joie de notre libération.Retour ligne manuel
- Célébration de la Parole : elle est plus développée qu’à l’habitude, l’assemblée y médite les « merveilles », les grandes étapes de cette libération.Retour ligne manuel
- Célébration du Baptême dans lequel les catéchumènes reçoivent sacramentellement cette libération, et où nous renouvelons nos propres engagements.Retour ligne manuel
- Célébration de l’Eucharistie, le sommet du tout, la communion par excellence au mystère de la libération pascale.

Office de la lumière

La fête - la fête des fêtes - commence avec la bénédiction du feu nouveau et du cierge pascal. Un beau feu neuf, flambant, symbole de l’Esprit qui anime le Christ ressuscité. Le cierge pascal représente le Christ, plus lumineux que la colonne de feu qui guidait Israël dans sa marche vers la Terre promise. A la suite de ce Christ-lumière nous pénétrons dans l’église sombre, en chantant par trois fois : Lumière du Christ - nous rendons grâce à Dieu. Le ton est donné : toute cette liturgie sera action de grâce.

Quand tous sont entrés dans l’église, un diacre chante l’éloge du cierge pascal. Pour peu qu’on ait encore le sens du signe et des symboles, cet éloge saisit le cœur quand, au milieu d’une mer de cierges faisant bouger les chapiteaux des colonnes et les visages radieux des fidèles, monte, légère, la mélodie unique de l’Exultet : Exultez de joie. Louange de la Nuit, éloge de la Lumière, correspondance merveilleuse entre Israël passant la mer Rouge et l’Eglise en route. Cris audacieux : Ô faute bienheureuse d’Adam qui nous vaut un tel rédempteur ! Action de grâce. Prière pour le monde. Chant inégalé auquel il faut donner l’éclat serein qu’il mérite et pendant lequel ne devrait pas manquer la vive acclamation de l’assemblée.

Le cierge pascal a son origine dans la coutume romaine de faire brûler deux énormes cierges, de la grandeur d’un homme, la nuit de Pâques. Les rites gallo-francs se contentèrent d’un cierge unique et le chargèrent de symboles. Ils en firent un véritable personnage, le Christ, représenté dans sa passion glorieuse par cinq grains d’encens qui signifiaient les cinq plaies. Le chiffre de l’année en cours, gravé dans la cire, proclame le Christ maître du temps et de l’histoire.

Ce cierge est porté en procession au début de la Vigile pascale, et tous les cierges de l’assemblée s’allument progressivement à lui, au triple cri : Lumière du Christ ! L’Exultet le chante en un lyrisme débordant. Il tient une place de choix au chœur jusqu’à la Pentecôte (et non seulement jusqu’à l’Ascension comme autrefois). Le reste de l’année, il est mis à une place digne, de préférence près des fonts baptismaux où les cierges du baptême s’allumeront à son feu. La coutume se répand de plus en plus de le faire brûler aux enterrements, en flamme de résurrection.

Liturgie de la parole

Après le chant de la Lumière, on s’assied pour méditer à loisir de grands et beaux textes, un véritable survol des étapes du plan de Dieu. Toujours en fonction de la résurrection du Christ, du baptême des néophytes et, bien sûr, du renouvellement (de nos propres promesses baptismales.Retour ligne automatique
De l’Ancien Testament nous sont proposées sept lectures. Leur choix est guidé par une tradition qui remonte à la liturgie juive. Celle-ci, dans la nuit pascale, commémorait les « quatre nuits » : celle de la création du monde (notre première lecture), celle du sacrifice d’Abraham (notre deuxième), celle du passage de la mer Rouge (notre troisième) et celle de la venue du Messie (nos trois dernières lectures). La liturgie, à son corps défendant, concède qu’on n’en lise que trois, dont toujours, obligatoirement, celle du passage de la mer Rouge. Si l’on fait un choix, le meilleur sera celui des « quatre nuits ».

Ces lectures, plus longues qu’à l’ordinaire, comme il se doit pour cette Veillée unique, livreront toute leur richesse Si une brève introduction fait le lien entre ce qui est lu et ce qui est vécu par l’assemblée ; si la communauté prend part active en répondant par le psaume ou un cantique approprié ; si chacune des étapes est bien ponctuée par une oraison plus solennelle qu’à l’ordinaire (elles proviennent toutes du sacramentaire gélasien - 7e siècle).

Comme des amoureux qui reprennent l’album de famille pour y relire leur amour, depuis les premières rencontres jusqu’à la naissance des enfants, déroulons les grandes étapes du plan d’amour qui aboutit à la Pâque du Christ et à la « naissance » des catéchumènes en cette nuit bénie. Qui aboutit, bien sûr aussi, à notre « renaissance » dans le renouvellement de nos propres promesses baptismales.

 
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