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Bestietnes a Famill . Mariage et famille  
10 octobre 2015

Moins de crises, plus d’espérance

Synode sur la famille : les groupes linguistiques exposent leurs amendements

(RV) Après l’intervention du Pape, les travaux dans l’Aula du Synode se sont poursuivis avec les synthèses des 13 Cercles mineurs, relatives à la première partie de l’Instrumentum laboris dédiée à « l’écoute des défis sur la famille ». Moins de crises, plus d’espérance, voilà l’observation qui émerge de ces textes, qui invitent à souligner la beauté de la famille et non seulement ses difficultés. Les pères synodaux ont également délivré une réflexion sur la réelle efficacité de la Pastorale familiale.

Voici quelques éléments de ces réflexions :

Mettre en évidence la beauté et la vitalité de la famille

Moins de crises, plus d’espérance : et ceci est l’observation qui émerge avec plus de fréquence des relations des Cercles mineurs. La beauté et la vitalité de la famille basée sur le mariage indissoluble entre l’homme et la femme, sa façon d’être école d’humanité, creuset d’intégration qui donne de la force au tissu social, expliquent les rapporteurs des Cercles mineurs, se sont pas suffisamment mises en évidence dans l’Instrumentum Laboris, qui souvent semble faire une analyse sociologique des défis regardant le noyau familial, listant les problèmes comme une litanie, mais en oubliant le regard de la foi, le regard du Christ. Au contraire, soulignent les groupes linguistiques, doit émerger l’Église du oui, qui donne de la confiance et de l’espérance aux familles, sans édulcorer ou nier leurs difficultés objectives.

Crise de foi, crise de la famille. Les responsabilités de l’Église

Une seconde observation regarde la Pastorale familiale ; si la famille est en crise, soulignent les 13 rapports, dans lesquels les pères synodaux font aussi une autocritique, c’est peut-être parce qu’il a manqué une juste éducation à la foi. L’Église elle-même, dans un certain sens, est responsable de la situation de la famille aujourd’hui, car elle eu dans ses débats une pensée quasiment « médiévale », trop éloigné des réalités, trop normative et privée d’une vision intégrale. Au contraire, les pères synodaux exhortent à se souvenir que l’Église est servante, et non maître, de la famille et qu’elle lui doit beaucoup, parce que justement son futur en dépend.

Non à une approche trop eurocentrique

Donc, les cercles mineurs reflètent leur structure et le langage de l’Instrumentum laboris, en en mettant en évidence les aspects excessivement occidentaux, « eurocentriques » , qui le caractérisent le style peu attractif et parfois un peu confus, surtout dans la façon d’individualiser les destinataires auxquels il a été remis. Il est donc souhaité que le document final de l’Assemblée soit écrit dans un mode plus frais, linéaire, clair, pas trop technique, pour être d’une lecture facile pour tous.

Non à la « théorie du genre ». Une pastorale spécifique pour les migrants et les réfugiés

Les treize relations convergent ensuite sur certains points particuliers : il est demandé, par exemple, une attention plus grande sur la « théorie du genre » et sur les risques que comporte sa diffusion, et parfois son imposition, dans les programmes scolaires, en les transformant en une pensée unique qui endommage la famille. Une unanimité se rencontre aussi sur l’approche à avoir pour les migrants et les réfugiés pour lesquels on souhaite une pastorale spécifique, dans l’Église comme dans l’Église d’accueil. Il est rappelé que la question migratoire représente un défi dans le domaine interreligieux, et qu’il faut souligner les droits, mais aussi les devoirs des migrants.

Plus d’attention aux personnes âgées et handicapés

Les rapports des groupes linguistiques demandent une majeure réflexion sur l’importance des personnes âgées dans la vie familiale, en particulier sur le rôle des grands-parents, comme sur les défis du handicap dont les aspects positifs doivent être mieux mis en évidence et valorisés.

Approfondir la bioéthique et ses implications sur la vie humaine

Certains cercles mineurs avancent des propositions spécifiques : par exemple, insérer dans le document final de l’Assemblée des histoires de vie familiale ou de sainteté qui soient exemplaires pour les fidèles, ajouter des citations bibliques, réfléchir mieux sur le thème de la chasteté et de l’éducation affective, surtout pour les jeunes, considérer avec plus d’attention les influences de la technologie sur la vie familiale, en particulier en ce qui concerne Internet et la pornographie, approfondir le thème de la bioéthique, dont les développements peuvent endommager l’être humain dans son essence et sa valeur.

Satisfaction pour la méthode de travail dans les Cercles

Les groupes linguistiques expriment leur satisfaction pour la méthode de travail : le débat direct entre les pères synodaux qui parlent la même langue, mais vivent des histoires, des réalités et des cultures diverses dans des pays différents, est une vraie expérience de catholicisme. Les amendements présentés pour la première partie de l’Instrumentum Laboris sont nombreux, les pères synodaux sont conscients que toutes leurs observations ne pourront pas être accueillies, mais le défi de l’écoute réciproque a été gagné.

Eclairages sur le travail des Circuli Minores

Au cours de la IV Congrégation, les Rapporteurs des groupes linguistiques de travail ont présenté la synthèse de leurs réflexions sur la première partie de l’Instrumentum Laboris (mission de la famille et de l’Eglise dans le monde). Ils ont largement convergé pour estimer qu’il faudrait donner une lecture moins négative de la société et de la culture, mais aussi de la la situation de la famille. « Il ne faudrait pas que la seule option de l’Eglise soit la condamnation », a déclaré Mgr. Mark Coleridge (Australie). « Il faut plutôt souligner les aspects positifs et y voir des signes de Dieu. L’Eglise ne vit pas dans un monde intemporel, détaché des cultures. Elle est elle même formée de diverses cultures... En nous penchant sur la famille et le mariage nous sommes conscients de la nécessité de réfléchir sur la réalité, certes avec les yeux de la foi et selon la volonté divine. Il faut effectivement cueillir les signes des temps ».

Ayant rappelé que la vie est une expression de l’amour de Dieu pour son peuple, Mgr. Diarmuid Martin (Irlande) a affirmé que dans toutes les cultures, les familles trouvent grâce à la foi la force de mener à bien leur vocation. Le Synode devrait exprimer une forte appréciation à ces familles. « Parallèlement aux défis socio-culturels auxquels les familles font face, nous devrions reconnaître ouvertement l’insuffisance du soutien pastoral de l’Eglise... Nous avons partagé une réflexion...de laquelle il ressort que loin du stéréotype d’une famille idéal, on voit plutôt un collage de différentes familles dans leur milieu social, ethnique et religieux. Au milieu des difficultés les familles savent exprimer le don de l’amour et le don de la foi...ce qui peut conduire à un discernement plus profond de la façon dont elles souffrent de la marginalisation et des formes de pauvreté qui vont au-delà de la pauvreté économique. Un tel discernement devrait nous aider à identifier les groupes familiaux...qui se trouvent dans une situation similaire à celle de Jésus et de ses parents, pour qui il n’y avait pas de place à l’auberge... N’oublions donc pas les familles souffrant de l’exclusion, les familles qui sont victimes de discrimination ou marginalisés à cause de leur foi en Jésus-Christ... Les situations dans lesquelles les familles aspirent à vivre leur vocation sont variées... Chaque Eglise locale devrait essayer d’identifier les situations particulières de la marginalisation de la famille dans leur propre société... Les jeunes, qui vivent dans une culture ultra sexualisée, ont besoin d’être éduqués à la culture du don de soi, qui est la base de l’auto-don de l’amour conjugal. Les jeunes ont besoin de développer la capacité de vivre en harmonie avec les émotions et les sentiments, et de trouver une maturité dans les relations aux autres. Cela peut être un antidote à l’égoïsme et à l’isolement, qui conduisent souvent les jeunes à un manque de sens à leur vie et même au désespoir, l’automutilation et le suicide. La générosité et l’espoir sont à l’origine d’une culture de la vie... L’humanisation de la société et notre avenir à tous dépendra de la façon dont une communauté réalisera le rêve de Dieu pour sa création. Nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu pour nos familles chrétiennes qui, par leur amour et de don de soi, même imparfait, ouvrir leur cœur à l’amour de guérison de Dieu révélé en Jésus-Christ ».

Mgr. Paul-André Durocher (Canada), a d’abord rappelé que les pères synodaux sont des hommes de famille. Nous avons des parents, des frères et des soeurs, des beaux-frères et des belles-soeurs, des cousins et cousines, des neveux et des nièces. Les familles dont nous parlons ne nous sont pas étrangères, elles font partie de nos vies... Cela doit paraître dans notre langage, dans le ton de notre texte, dans notre souci et notre compassion pour les familles de toute la terre. Il y a un danger à parler de la famille dans l’abstrait, comme d’une réalité qui nous est extérieure. Il faut s’efforcer de parler des familles...dans leur réalité concrète et variée. En particulier, il faut favoriser la solidarité internationale entre toutes les familles chrétiennes en faveur de celles qui aujourd’hui connaissent la persécution, la guerre et la précarité. Mais nous sommes aussi des hommes de foi« qui ne prétendent »pas être psychologues, sociologues ou économes, même si certains de nous on une formation poussée en ces domaines. Nous parlons d’abord en hommes de foi, et cela doit se voir... Enfin, nous sommes des pasteurs. Notre souci, c’est que la mission que le Christ a confiée à son Eglise, la mission qu’est l’Eglise, se réalise de mieux en mieux dans le monde d’aujourd’hui. Tout l’effort synodal doit tendre vers ce but. Le texte que nous élaborons doit être motivé par cette préoccupation fondamentale... Il faut aider les familles à répondre à deux questions, celle de la vocation (famille, qui es-tu ?) et celle de la mission (famille, que fais-tu ?). Tout le reste, aussi intéressant qu’il soit, est secondaire. Notre texte devrait être épuré selon ce critère. Surtout, rappelons-nous que la pastorale familiale n’est pas seulement l’action de l’institution ecclésiale en faveur des familles, mais l’action de l’Eglise qui se réalise dans la famille et par la famille. Voilà la vraie nouveauté de la pastorale familiale que nous sommes appelés à développer en cette assemblée synodale... Mais notre analyse doit être lucide, car nous voulons que notre pastorale soit enracinée dans la réalité. En particulier, il nous faut reconnaître que l’anthropologie implicite de la culture moderne est loin de la vision chrétienne. Son insistance sur l’individu, doué d’une liberté sans borne, souvent lié au relativisme moral, contraste avec notre conviction que la personne humaine est faite pour être en relation, à l’image du Dieu-Trinité. La famille est plus qu’une unité de base sociale, elle est la matrice de la personne humaine en devenir... Nous tenons à souligner deux aspects de cette nouvelle culture qui nous préoccupent profondément. L’un est l’apparition...d’une idéologie des genres... L’autre aspect qui nous préoccupe hautement, c’est le développement de technologies bioéthiques qui permettent de décomposer et de recomposer le vivant lui-même... Devant ces deux réalités, nous devons tous être vigilants et engagés".

Par ailleurs, Mgr. Laurent Ulrich (France), a souligné qu’il ne fallait pas concentrer toute l’attention sur la seule sacramentalité du mariage, ni se limiter aux problèmes et situations douloureuses de la vie familiale. « Il n’est pas bon que le Synode tourne seulement autour des problèmes et crises que traversent les familles en Occident... Il existe des familles qui vivent heureusement leur enracinement dans le Christ et dans la foi... Il nous faut partir de ce qui est vécu par les familles, et qui constitue des points d’appui pour une annonce de l’Evangile ». Il est nécessaire d’adopter « le point de vue de la vie des familles, sans se limiter à celle des couples et au mariage, même s’il est essentiel de l’aborder... Quoi qu’il en soit, certains, qui ont de l’expérience, expriment une certaine inquiétude » : Qu’une partie de nos propositions, « rédigées et adoptées après de bons débats ne soient pas retenues... Ceci dit, dans une discussion qui concerne les aspects si concrets et si multiples de la vie des familles, nous sentons que nous faisons là une expérience unique de catholicité, laquelle n’est jamais définitivement acquise. C’est un don de Dieu qui nous est fait à travers cette expérience d’Eglise. Il nous faut le recevoir, le vivre avec fidélité, l’approfondir en vérité. Il nous faut prendre le temps de nous écouter, d’aller au fond de nos réflexions et de les partager.. en vertu des expériences que nous exprimons. C’est avec précaution que nous avançons, c’est un défi très intéressant d’accueil et d’écoute mutuelle qui nous est lancé » dans ce Synode.

Le Cardinal Sarah (Cor Unum), a résumé les réflexions de son groupe en trois points : 1) La nécessaire prise en compte de la diversité des contextes socio-culturels et des situations pastorales. 2) Les attentes exprimées : Que le Synode réussisse à faire comprendre la confiance de l’Eglise dans les familles ; qu’il donne des repères et permette à la famille de vivre sa vocation et sa mission selon le plan de Dieu et l’enseignement de l’Eglise ; qu’il sache exprimer son soutien aux familles du Proche et du Moyen Orient, souvent éparpillées et tentées par l’émigration ; qu’il ait aussi un regard positif sur la famille qui demeure une école d’humanité ; qu’au-delà des causes profondes de certaines turbulences actuelles, il aide les membres des familles, à reprendre force et espérance. 3) Il convient d’examiner attentivement les causes des perturbations qui affectent la famille et, à travers elle, la société ; il faut demeurer dans une réflexion enracinée dans le Christ ; il faut une intervention magistérielle qui vise à donner plus de cohérence à un ensemble de textes qui, d’ordre théologique et canonique, semblent plus juxtaposés qu’articulés. Ensuite, à propos de la première partie de l’Instrumentum Laboris, deux observations générales ont été formulées : L’analyse proposée de la famille présente souvent un caractère négatif avec des termes forts... Le texte est marqué par une problématique très européenne voire trop européenne, au risqué de voir les choses à travers un certain prisme... Il convient de rappeler que la famille est le pilier incontournable et irremplaçable de la vie en société, qu’elle est “le fondement de la société, ce qui oblige l’Eglise, experte en humanité, à affronter la question de la famille aujourd’hui dans sa vocation et sa mission propre. La théorie du genre a fait l’objet d’une ample discussion...qui a souligné son caractère idéologique, notamment quand elle est diffusée voire imposée par certaines organisations internationales... Nous avons par contre beaucoup apprécié la manière dont l’Instrumentum Laboris insiste sur la dignité de la femme, sur son rôle propre et ses responsabilités... Cette juste insistance appelle à considérer que les femmes se trouvent parfois minorées ou oubliées... Plusieurs autres problèmes ont été retenus, notamment le défi du handicap, le défi économique et plus particulièrement le défi des migrations... Nous avons aussi considéré les familles appartenant aux Eglises orientales catholiques", contraintes à l’émigration et aux conséquences du phénomène sur les sociétés d’accueil. Ce volet a également été souligné par le groupe italianophone, qui a insisté sur la prise en compte de l’insertion, y compris du point de vue culturel et religieux. Le Cardinal Mauro Piacenza a tenu à rappeler le problème des enfants soldats, des nouvelles formes d’esclavage frappant les femmes, leur exploitation y compris ce qu’on définit comme la location d’utérus. ...

(Tratto dall’archivio della Radio Vaticana)

 
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