Jeudi saint : institution de l’Eucharistie
Une nuit à prier avec le Christ. Montée vers Pâques 6/10.
Le Triduum pascal s’est ouvert ce soir avec la messe en mémoire de la Cène du Seigneur, qui nous invite à revivre les derniers moments que Jésus passe avec ses amis. Comme toujours, la liturgie aide à prendre conscience de l'importance des événements.
Pour la première partie de la célébration, la joie règne. Les ornements sont blancs, comme hier pour la messe chrismale. La Consolatrice resplendit. Au moment du Gloire à Dieu, qui avait disparu pendant le carême, on entend les cloches qui sonnent et dans le chœur les grands-clercs agitent les clochettes. Sur un « amen » triomphant, l’orgue de Paul Breisch, les cloches et les clochettes se taisent. Remplacés par le son sec des crécelles (Klibberen), tous resteront silencieux jusqu'au Gloria de la Vigile pascale.
« Quand nous célébrons l’Eucharistie, explique le cardinal Jean-Claude Hollerich dans son homélie, ce n’est pas une simple commémoration mais Jésus qui se sacrifie pour nous, pour notre salut, Il donne Sa Vie. La liturgie parle de ‘sacrifice vivant et saint’. (…) L’Eucharistie est le grand trésor de l’Église catholique. Elle n’est pas seulement un acte de piété individuel. (…) La réception est individuelle, mais en même temps communautaire, ecclésiale, car nous sommes transformés en corps de l’Église. C’est pour cela qu’il y a le lavement des pieds. Jésus nous sauve par son service. À nous qui sommes le corps du Christ de faire la même chose. (…) Le services sont très divers. À chacun de vous de discerner le service qu’il est appelé à rendre. (…) J’ai commencé en parlant de sacrifice et je termine en parlant de charité. Un amour sans esprit de sacrifice ne perdure pas. C’est peut-être la maladie de notre temps, de penser l’amour sans sacrifice. (…) Laissons-nous toucher par la grâce de Dieu pour devenir charitables à notre tour. »
Après l’homélie, le rite du lavement des pieds rappelle le geste de Jésus vers ses disciples. Geste qui leur a donné la pureté, mais aussi le devoir de faire de même les uns pour les autres, pour appliquer son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés ». Monseigneur Hollerich, prêtre configuré au Christ, dépose la crosse, la mitre et la chasuble. Il lave et embrasse les pieds des catéchumènes, visiblement émus. Pendant ce temps, la maîtrise de la cathédrale chante les antiennes grégoriennes et la beauté des voix est telle que l’on en oublierait presque que l’orgue s’est tu.
À la fin de la messe, les hosties consacrées qui seront utilisées lors du Vendredi saint sont portées en procession à la chapelle du Saint-Sacrement. Là, les célébrants prennent un long temps d’adoration, rythmé par des lectures de l’agonie et de l’arrestation de Jésus au Mont des Oliviers, et par des cantiques.
La liturgie du Triduum est infiniment plus qu’une évocation symbolique de l’histoire. Elle est mémorial et mystère. Elle nous invite à revivre mystiquement les évènements, aux côtés de Jésus. Après la messe du Jeudi saint, les fidèles peuvent prendre un temps d’adoration au Reposoir. Ils tiennent ainsi compagnie au Christ pendant sa nuit d’agonie et de prison.
Prions, pour ne pas entrer en tentation.
Jeudi saint 2 avril : nuit de prière en silence à l’église de Bonnevoie, à partir de 21 heures 30 et jusqu’à 8 heures du matin le Vendredi saint.
Vendredi saint 3 avril : Chemin de croix à Luxembourg-Ville. Rendez-vous à 15 heures devant l’église Saint-Michel.