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Father Fadi Diab : « Tous les chrétiens doivent considérer les difficultés de la Terre sainte comme les leurs »

En visite au Luxembourg, le recteur de la paroisse anglicane de Ramallah témoigne d’une situation dramatique.

Ils étaient entre 9 et 10% en 1922, 1,9% en 2025. Les observateurs estiment que les chrétiens de Terre sainte ne sont pas plus de 1% aujourd’hui. Les descendants des premiers chrétiens, qui vivent sur la terre de Jésus depuis deux-mille ans, vont-ils disparaître ? La Terre sainte pourrait-elle devenir un musée ? La question se pose réellement aujourd’hui, et elle est dramatique à bien des égards. Pour les chrétiens qui vivent sur place bien sûr, et ce sont eux dont il faut d’abord se préoccuper. Pour la région elle-même, car cette toute petite minorité chrétienne est artisan de paix. Pour la Chrétienté enfin, car il s’agit ici de la terre qui a vu naître le Christ, qui l’a vu vivre, être mis à mort et ressusciter. Notre foi est en Jésus, notre religion est une relation d’amour avec une personne. On dit que la Terre sainte est le cinquième évangile. Dans les quatre premiers, Jésus, Vrai Dieu, nous parle. En visitant le cinquième, on rencontre Jésus Vrai Homme. Pouvons-nous imaginer que les descendants de ceux qui L’ont connu soient chassés de chez eux ?

Les responsables religieux alertent. Le 10 mars dernier, le père Bashar Fawadleh, curé de la paroisse de Taybeh, dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie, devait se rendre à Luxembourg pour encourager à la reprise des pèlerinages. Le 28 février, le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran a rendu impossible ce déplacement. Deux mois plus tard, un autre témoin de Terre sainte a pu prendre l’avion et venir jusqu’à nous. Father Fadi Diab, recteur des paroisses anglicanes Saint-André de Ramallah et Saint-Pierre de Birzeit, a passé quelques jours au Luxembourg. Le 11 mai au soir, à l’invitation du Révérend Geoff Read, de l’Église anglicane du Luxembourg, il a donné une conférence-témoignage avant une Siren Prayer exceptionnelle, dans la chapelle du Centre Convict.

Father Fadi Diab est né en Cisjordanie. Ordonné prêtre au sein de l'Église épiscopale de Jérusalem (anglicane) en 2001, il a exercé son ministère pour partie en Jordanie et pour partie en Cisjordanie. Ses propos sont calmes mais la situation qu’il dépeint est tragique. « La chrétienté vit un moment critique en Terre sainte. Le génocide à Gaza a rendu la situation plus visible encore. Douze mille chrétiens (*), pour la plupart des jeunes, sont partis depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque du Hamas contre Israël. Dans le monde, on compte un million de chrétiens d’origine palestinienne qui ont été contraints à l’exil. » La guerre évidemment y est pour beaucoup, mais pas seulement. « Depuis deux ans et demi, la pression psychologique, politique et économique est extrême pour faire partir les chrétiens. Les attaques des juifs radicaux contre nous dans ma région sont incessantes, raconte Father Fadi. Crachas, vandalismes, voitures et maisons incendiées, récoltes détruites… Au cours des quatre derniers mois, la police israélienne a documenté 600 actes de violence contre les chrétiens. Les colons bénéficient d’une complète impunité. S’ils sont arrêtés, ils sont relâchés au bout de quelques heures au motif qu’ils n’étaient pas sains d’esprit au moment de leurs actions. Il arrive même que ces actes soient le fait de touristes venus de l’étranger ! »

"J'encourage chacun à écrire aux dirigeants de son pays"


Sur place, les patriarcats chrétiens ne sont pas inactifs. Ils ont condamné cette violence à plusieurs reprises, parfois rejoints par des rabbins orthodoxes. « Le pire, c’est le sentiment de paralysie que nous ressentons, explique Father Fadi. En revenant de Jéricho, ma voiture a été prise à partie par des colons qui ont commencé à lancer des pierres sur la carrosserie. J’étais avec mon fils. Si nous étions sortis de la voiture à ce moment-là, nous aurions été tués. Nous n’avons personne vers qui nous tourner. » Dans la communauté de Father Fadi, les chrétiens vivent dans la peur constante d’attaques de colons israéliens. « J’ai une paroissienne en détention administrative depuis huit ans. Elle passe dix-huit mois en prison, est relâchée quelques semaines puis arrêtée à nouveau. C’est une autre façon de faire pression pour faire partir les chrétiens. »

Les sanctions internationales sont-elles efficaces ? « L’État d’Israël se comporte comme s’il était au-dessus des lois internationales et se montre le meilleur allié des États-Unis au Moyen-Orient. Même au sein de l’Union européenne, certains pays bloquent les résolutions contre Israël. » À ce stade, que faire ? « En tant que chrétien, nous sommes appelés à changer le monde. Nous ne sommes pas destinés à rester dans notre zone de confort. Tous les chrétiens doivent considérer les difficultés de la Terre sainte comme les leurs : prier, plaider pour elle. J’encourage chacun à écrire aux dirigeants de son pays. Ces actions, aussi simples soient-elles, finissent par s’accumuler et les candidats y pensent au moment des élections. » Dès maintenant, partir quelques semaines comme bénévole est toujours possible, de nombreuses institutions chrétiennes ont besoin d’aide : hôpitaux, maisons de retraite, écoles… tenus par des chrétiens mais fréquentés par tous, sans distinction de religion. Que serait (que sera ?) la Terre sainte sans eux ?

 

(*) Le Bureau central des statistiques israélien publie chaque année à Noël les données relatives à la population chrétienne de l’État hébreu. Fin 2025, le chiffre annoncé était de 184 200 personnes. En Cisjordanie les chrétiens étaient encore environ 50 000 à la même époque. Dans la bande de Gaza, ils sont moins de 500 aujourd’hui.

 

Seigneur Jésus,
tu as vaincu la mort sans armes ni violence :
tu as anéanti son pouvoir par la force de la paix.
Donne-nous ta paix,
comme aux femmes hésitantes le matin de Pâques,
comme aux disciples cachés et effrayés.
Envoie ton Esprit,
souffle qui donne la vie, qui réconcilie,
qui fait des adversaires et des ennemis des frères et des sœurs.
Inspire-nous la confiance de Marie, ta mère,
qui, le cœur déchiré, se tenait au pied de ta croix,
solide dans la foi que tu ressusciterais.
Que la folie de la guerre prenne fin
et que la Terre soit soignée et cultivée par ceux qui encore
savent engendrer, savent préserver, savent aimer la vie.
Écoute-nous, Seigneur de la vie !
Prière pour la paix du pape Léon XIV

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