Espérance et mission : le Liban maronite selon le cardinal Bechara Raï
Le cardinal maronite Bechara Raï explique la tradition, la liturgie et le rôle de l’Église maronite au Liban.Première partie du podcast.
Le cardinal maronite Bechara Boutros Raï est l’invité du premier épisode de la 2e saison du podcast Les Échos de l’Église à Luxembourg, dont nous reprenons la publication cette semaine.
L’épisode sera mis en ligne ce jeudi 26 février sur les plateformes habituelles et pourra également être écouté sur le site Cathol.lu.
Nous publions ici la première partie de l’entretien, dans laquelle le cardinal explique ce qu’est la tradition maronite au sein de l’Église catholique, son enracinement oriental, sa liturgie syriaque et son lien historique et indéfectible avec Rome. Il évoque également le rôle que l’Église maronite joue aujourd’hui au Liban.
L’intégralité de l’entretien sera disponible dans le podcast publié ce jeudi 26 février sur les plateformes habituelles.
- Votre Béatitude, beaucoup connaissent le Liban, mais moins l’Église maronite. Qu’est-ce qui la distingue au sein de l’Église catholique universelle ?
L’Église maronite est unie à Rome depuis sa fondation. Elle porte le nom de Saint Maron, un ermite mort en 410. Il n’a pas fondé une Église au sens institutionnel, mais une spiritualité. Autour de lui s’est développée une communauté marquée par la tradition antiochienne.
L’Église maronite est devenue patriarcale en 686, lorsque les évêques maronites ont élu Saint Jean Maron comme patriarche d’Antioche, uni à Rome. Antioche est d’ailleurs le premier siège de saint Pierre avant Rome. Pour les maronites, l’union avec le Siège de Pierre est constitutive de leur identité.
Ce qui caractérise l’Église maronite aujourd’hui, c’est son appartenance pleine et entière à l’Église catholique, tout en conservant sa liturgie syriaque antiochienne et sa spiritualité orientale, nourrie par les Pères syriaques comme saint Éphrem, saint Isaac de Ninive ou saint Jean de Saroug.
- Comment vivez-vous cette communion avec Rome tout en préservant votre identité orientale ?
C’est une richesse. L’Église maronite n’est pas une Église byzantine entrée plus tard en communion : elle est unie à Rome depuis ses origines. Cette unité n’est pas perçue comme une contrainte, mais comme un don.
Au fil des siècles, notamment dans des périodes historiques difficiles, les maronites ont toujours choisi de rester en communion avec le pape. Pour nous, l’ouverture au monde occidental et la fidélité à notre tradition orientale ne s’opposent pas ; elles se complètent.
- Personnellement, comment vivez-vous votre relation avec le Saint-Père ?
C’est un honneur et une expression de notre foi. Être en communion avec le pape fait partie de notre identité ecclésiale. Nous vivons cette relation avec confiance et responsabilité.
La visite récente du Saint-Père au Liban a été un moment fort. Il a rencontré les autorités civiles, le clergé, les jeunes, ainsi que les responsables religieux chrétiens et musulmans. Ses discours ont profondément marqué notre pays. Nous travaillons actuellement à les relire et à les traduire concrètement dans la vie nationale.
- Comment préserver une tradition orientale ancienne dans un monde marqué par la sécularisation ?
La sécularisation touche toutes les sociétés. Mais le Liban possède une particularité : il n’est ni un État confessionnel dominé par une religion, ni un État laïque au sens occidental du terme (...)
En rendant hommage à Dieu, le Liban respecte toutes les religions et reconnaît leur statut personnel et leur doctrine. Tout le monde est respecté. C’est ce qui fait la vérité du Liban comme pays de pluralité et d’unité. La foi musulmane et la foi chrétienne sont respectées et elles sont à la base de notre Constitution. Il n’y a pas au Liban un citoyen sans appartenance religieuse : il n’y a pas un Libanais qui ne soit ni chrétien ni musulman, cela n’existe pas. Chacun doit appartenir à une communauté. Et cela sauve le pays de la laïcité et de la sécularisation.
- Vous dites souvent que le Liban est petit par sa taille, mais grand par sa mission. Quelle est aujourd’hui cette mission dans un Moyen-Orient marqué par des crises et des conflits ?
Le Liban a une vocation particulière. Les chrétiens ont donné au monde arabe et au monde musulman un témoignage chrétien. Notre vocation est d’être dans ce pays ensemble : musulmans et chrétiens. Le Liban maintient sa position et son lieu d’origine et de mission au Moyen-Orient. C’est une Église pour l’Orient, pour l’islam, pour les juifs, où nous devons témoigner de notre foi.
Ce qui caractérise le Liban par rapport aux autres pays, c’est que les chrétiens et les musulmans vivent ensemble selon la Constitution. Le président de la République est chrétien maronite, le président de l’Assemblée nationale est musulman chiite, le Premier ministre est musulman sunnite. Le gouvernement est composé à parts égales, cinquante-cinquante. Au Parlement aussi, cinquante-cinquante. Les ambassadeurs, les hauts fonctionnaires : cinquante-cinquante. La Constitution maintient cet équilibre de vie entre chrétiens et musulmans. Le Liban respecte toutes les libertés civiles selon la Charte des droits de l’homme. C’est une démocratie, un petit pays, mais avec une grande mission pour le Moyen-Orient.
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